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8 • La Nature « utile » : valeurs et usages de la diversité biologique
qui sont avancés et qui ne peuvent laisser indifférents. On doit souligner
également que ces évaluations constituent une tentative en vue de
démontrer que la conservation des écosystèmes «ordinaires» mérite
autant de considération que celle des zones dites de grande valeur
écologique.
8.3.2 Des «infrastructures naturelles»
L’idée de comparer des systèmes écologiques à des «infrastructures
naturelles» est apparue à propos de l’évaluation des politiques publiques en matière de zones humides. Ce concept part d’une observation
fondamentale: les zones humides remplissent des fonctions comparables
à des équipements construits, telles que certaines stations d’épuration,
ou des barrages mis en place pour écrêter des crues. Cette association
d’idées visait en partie à établir des relations entre deux sphères de
pensée et d’actions qui interviennent de manière indépendante dans la
gestion des zones humides: le monde des gestionnaires de la ressource
physique eau, et le monde des gestionnaires des milieux naturels. La
conclusion est évidente pour les tenants de la protection des zones
humides: celles-ci, du simple fait de leur fonctionnement, fournissent
TABLEAU 8.2 VALEUR GLOBALE MOYENNE DES BIENS ET SERVICES FOURNIS
PAR LES ÉCOSYSTÈMES (D’APRÈS CONSTANZA et al., 1997).
Certains écosystèmes comme les déserts, les toundras, les zones
glaciaires et les zones urbaines ne sont pas pris en compte dans
cette estimation.
Écosystèmes
Superficie
10 6 ha
Valeur relative
US$ ha –1 an –1
Valeur totale
en 10 9 $ an –1
%
Océans
33 200
252
8 381
25,2
Milieux côtiers
3 102
4 052
12 568
37,8
Forêts
4 855
969
4 706
14,1
Prairies
3 898
232
906
2,7
Zones humides
330
14 785
4 879
14,7
Lacs et rivières
200
8 498
1 700
5,1
Terres arables
1 400
92
128
0,4
Valeur totale
de la biosphère
33 268
100
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