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8 • La Nature « utile » : valeurs et usages de la diversité biologique
modèles de gestion centralisée importés de l’Occident ont souvent été
à l’origine de la disparition des modes traditionnels de gestion de l’accès
aux ressources, sans répondre pour autant aux objectifs affichés de protection de ces ressources. Par exemple, en Afrique, la gestion étatique
centralisée de la pêche continentale, sur la base de modèles halieutiques
développés dans les pays européens, est bien moins efficace que la
gestion assurée par des communautés locales sur la base de pratiques
traditionnelles. Ce savoir-faire des communautés est considéré par
certains comme un élément essentiel à revaloriser pour la conservation
de la biodiversité dans la perspective d’un développement durable.
8.3 DONNER UN PRIX
À LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE?
Depuis le début des années 1990, les protecteurs de la Nature, pour
mieux se faire entendre des politiques et des gestionnaires, ont largement
participé à la promotion et à l’utilisation d’arguments de nature économique. La promesse de gains peut-elle rendre raisonnable? Autrement
dit les pays qui ont la perspective de tirer bénéfice de leur diversité
biologique vont-ils faire des efforts afin de la protéger et d’éviter les
gaspillages? C’est un peu le pari de la démarche de nature économique
qui consiste à inciter les acteurs du développement à considérer la
diversité biologique non seulement comme un don de la Nature, mais
comme une ressource valorisable qu’il est donc nécessaire de préserver.
En ce qui concerne les outils économiques, il faut chercher à corriger
les défaillances du marché et à rétablir le «vrai» prix des biens en y
incluant le coût des dommages que leur production ou leur consommation inflige à l’environnement. Appliqué aux ressources génétiques, ce
Le marché est un outil au service de la société pour atteindre les
objectifs qu’elle s’est donnée. Ce n’est pas lui qui est chargé
d’élaborer des priorités en matière de conservation de la diversité
biologique, mais le pouvoir politique, au travers des choix qu’il
fait en matière de développement. La science économique quant à
elle peut en principe contribuer à déterminer la manière la plus
efficace de respecter les critères de durabilité et à développer des
approches équitables permettant d’atteindre ces objectifs de
conservation dans les sociétés marchandes actuelles.
8 • La Nature « utile » : valeurs et usages de la diversité biologique
modèles de gestion centralisée importés de l’Occident ont souvent été
à l’origine de la disparition des modes traditionnels de gestion de l’accès
aux ressources, sans répondre pour autant aux objectifs affichés de protection de ces ressources. Par exemple, en Afrique, la gestion étatique
centralisée de la pêche continentale, sur la base de modèles halieutiques
développés dans les pays européens, est bien moins efficace que la
gestion assurée par des communautés locales sur la base de pratiques
traditionnelles. Ce savoir-faire des communautés est considéré par
certains comme un élément essentiel à revaloriser pour la conservation
de la biodiversité dans la perspective d’un développement durable.
8.3 DONNER UN PRIX
À LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE?
Depuis le début des années 1990, les protecteurs de la Nature, pour
mieux se faire entendre des politiques et des gestionnaires, ont largement
participé à la promotion et à l’utilisation d’arguments de nature économique. La promesse de gains peut-elle rendre raisonnable? Autrement
dit les pays qui ont la perspective de tirer bénéfice de leur diversité
biologique vont-ils faire des efforts afin de la protéger et d’éviter les
gaspillages? C’est un peu le pari de la démarche de nature économique
qui consiste à inciter les acteurs du développement à considérer la
diversité biologique non seulement comme un don de la Nature, mais
comme une ressource valorisable qu’il est donc nécessaire de préserver.
En ce qui concerne les outils économiques, il faut chercher à corriger
les défaillances du marché et à rétablir le «vrai» prix des biens en y
incluant le coût des dommages que leur production ou leur consommation inflige à l’environnement. Appliqué aux ressources génétiques, ce
Le marché est un outil au service de la société pour atteindre les
objectifs qu’elle s’est donnée. Ce n’est pas lui qui est chargé
d’élaborer des priorités en matière de conservation de la diversité
biologique, mais le pouvoir politique, au travers des choix qu’il
fait en matière de développement. La science économique quant à
elle peut en principe contribuer à déterminer la manière la plus
efficace de respecter les critères de durabilité et à développer des
approches équitables permettant d’atteindre ces objectifs de
conservation dans les sociétés marchandes actuelles.
