8.2 Évaluation économique de la diversité biologique
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
gratuits. Les premiers sont des biens rares et appropriables qui donnent
lieu à des échanges marchands. Les seconds sont des biens libres et
abondants, disponibles pour tous. Par définition, seuls les biens économiques sont pris en compte par le marché. Pour traiter des biens
gratuits, on fait appel au concept d’externalité selon lequel l’activité
d’un agent économique a des répercussions sur le bien-être d’autres
agents, sans qu’il y ait entre eux un échange marchand ou une contrepartie monétaire. Ainsi une industrie chimique peut polluer une rivière
et induire une perte de revenu ou de bien-être des utilisateurs situés en
aval, sans que le prix du produit commercialisé par cette industrie ne le
prenne en compte. Autrement dit, certains coûts liés à l’activité d’un
agent échappent à la sanction du marché; ils sont supportés par la
collectivité et non par l’agent qui en est à l’origine. Ces coûts, appelés
effets externes ou externalités, correspondent à la différence entre le
coût social (pour l’ensemble de la collectivité) et le coût privé. On a
proposé des instruments tels que les taxes ou les subventions pour
corriger ces effets hors marché.
8.2.3 Appropriation et/ou libre accès
à la diversité biologique
Dans quelles conditions peut-on envisager une gestion de la diversité
biologique? Pour certains, la diversité biologique non domestiquée est
un bien collectif, qui souffre de ne pas être approprié et géré durablement
dans un souci de rentabilité à long terme. L’absence ou la mauvaise
définition des droits de propriétés serait alors la cause première de
l’érosion constatée de la diversité biologique. En effet, l’accès non
contrôlé aux ressources communes peut être la cause d’une surenchère
entre acteurs cherchant à s’approprier chacun le maximum de bénéfices
dans le minimum de temps, ce qui conduit à une rapide surexploitation.
Le spectre d’une telle situation, connue sous le nom de «tragédie des
communaux», a conduit certains économistes à suggérer de privatiser
la ressource ou d’en faire contrôler l’accès dans un cadre établi par la
puissance publique.
Mais il y a controverse sur la question de savoir si les droits de
propriété doivent être de nature privée ou publique. Dans de nombreuses
sociétés, des règles coutumières et des modes de gestion traditionnels
des ressources et des espaces permettent en réalité de réguler l’accès
aux ressources naturelles là où la propriété commune a survécu. De fait,
la propriété commune ou collective n’est pas obligatoirement synonyme
de libre accès. Pourtant, dans les pays du Sud, les lois foncières et les
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
gratuits. Les premiers sont des biens rares et appropriables qui donnent
lieu à des échanges marchands. Les seconds sont des biens libres et
abondants, disponibles pour tous. Par définition, seuls les biens économiques sont pris en compte par le marché. Pour traiter des biens
gratuits, on fait appel au concept d’externalité selon lequel l’activité
d’un agent économique a des répercussions sur le bien-être d’autres
agents, sans qu’il y ait entre eux un échange marchand ou une contrepartie monétaire. Ainsi une industrie chimique peut polluer une rivière
et induire une perte de revenu ou de bien-être des utilisateurs situés en
aval, sans que le prix du produit commercialisé par cette industrie ne le
prenne en compte. Autrement dit, certains coûts liés à l’activité d’un
agent échappent à la sanction du marché; ils sont supportés par la
collectivité et non par l’agent qui en est à l’origine. Ces coûts, appelés
effets externes ou externalités, correspondent à la différence entre le
coût social (pour l’ensemble de la collectivité) et le coût privé. On a
proposé des instruments tels que les taxes ou les subventions pour
corriger ces effets hors marché.
8.2.3 Appropriation et/ou libre accès
à la diversité biologique
Dans quelles conditions peut-on envisager une gestion de la diversité
biologique? Pour certains, la diversité biologique non domestiquée est
un bien collectif, qui souffre de ne pas être approprié et géré durablement
dans un souci de rentabilité à long terme. L’absence ou la mauvaise
définition des droits de propriétés serait alors la cause première de
l’érosion constatée de la diversité biologique. En effet, l’accès non
contrôlé aux ressources communes peut être la cause d’une surenchère
entre acteurs cherchant à s’approprier chacun le maximum de bénéfices
dans le minimum de temps, ce qui conduit à une rapide surexploitation.
Le spectre d’une telle situation, connue sous le nom de «tragédie des
communaux», a conduit certains économistes à suggérer de privatiser
la ressource ou d’en faire contrôler l’accès dans un cadre établi par la
puissance publique.
Mais il y a controverse sur la question de savoir si les droits de
propriété doivent être de nature privée ou publique. Dans de nombreuses
sociétés, des règles coutumières et des modes de gestion traditionnels
des ressources et des espaces permettent en réalité de réguler l’accès
aux ressources naturelles là où la propriété commune a survécu. De fait,
la propriété commune ou collective n’est pas obligatoirement synonyme
de libre accès. Pourtant, dans les pays du Sud, les lois foncières et les
