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8 • La Nature « utile » : valeurs et usages de la diversité biologique
Les usages peuvent être directs ou indirects. Les valeurs d’usage
direct correspondent par exemple aux bénéfices tirés de la production
de denrées alimentaires, de la consommation sous forme de chasse, de
cueillette, de pêche, de la fourniture de matière première industrielle et
pharmaceutique, ou encore de l’observation de la flore et de la faune
(tourisme vert). Les valeurs d’usages indirects sont essentiellement
dérivées des fonctions écologiques: par exemple l’épuration des eaux,
la régulation des cycles biogéochimiques, etc.
Les valeurs de non-usage ne sont pas reflétées dans les prix de marché.
Il n’en reste pas moins que beaucoup d’actifs naturels, même s’ils n’ont
pas de prix, sont toutefois crédités de valeur, qu’elle soit religieuse,
philosophique, morale, culturelle, ou même économique. Il existe différents concepts de valeurs de non-usage qui mesurent le consentement à
payer d’un agent économique pour la préservation de l’environnement
et des actifs naturels:
• Le prix d’option qui mesure le consentement à payer pour la préservation d’un actif naturel en vue d’un usage futur probable. Le prix
d’option est comparable à une prime d’assurance.
• La valeur de legs qui est le consentement à payer afin de préserver
un actif naturel en vue de son usage par les générations futures.
• La valeur d’existence mesure le consentement à payer sans que l’on
anticipe un usage futur. Par exemple pour la préservation du panda,
sans jamais espérer le voir un jour en liberté. Il s’agit en fait du véritable concept de non-usage, les précédents reflétant des usages différés
ou probables.
Les méthodes d’évaluation des valeurs de non-usage sont beaucoup
plus difficiles à formaliser que celles correspondant aux valeurs d’usage
reflétées directement, au moins en partie, dans les transactions financières. L’approche la plus ancienne est celle des coûts de transport et
d’équipement acquittés par les consommateurs pour avoir accès à la
diversité biologique (parcs naturels, chasse, pêche). Une autre approche
consiste à créer un marché fictif par le biais d’enquêtes. Appelée
méthode d’évaluation contingente, elle consiste à demander aux individus leur consentement à payer (ce qu’ils seraient prêts à débourser…)
pour conserver un élément de la diversité biologique, que ce soit une
espèce ou un écosystème.
8.2.2 Biens économiques et biens gratuits
Pour procéder à l’évaluation économique de la diversité biologique il
faut rappeler la distinction entre les biens économiques et les biens
8 • La Nature « utile » : valeurs et usages de la diversité biologique
Les usages peuvent être directs ou indirects. Les valeurs d’usage
direct correspondent par exemple aux bénéfices tirés de la production
de denrées alimentaires, de la consommation sous forme de chasse, de
cueillette, de pêche, de la fourniture de matière première industrielle et
pharmaceutique, ou encore de l’observation de la flore et de la faune
(tourisme vert). Les valeurs d’usages indirects sont essentiellement
dérivées des fonctions écologiques: par exemple l’épuration des eaux,
la régulation des cycles biogéochimiques, etc.
Les valeurs de non-usage ne sont pas reflétées dans les prix de marché.
Il n’en reste pas moins que beaucoup d’actifs naturels, même s’ils n’ont
pas de prix, sont toutefois crédités de valeur, qu’elle soit religieuse,
philosophique, morale, culturelle, ou même économique. Il existe différents concepts de valeurs de non-usage qui mesurent le consentement à
payer d’un agent économique pour la préservation de l’environnement
et des actifs naturels:
• Le prix d’option qui mesure le consentement à payer pour la préservation d’un actif naturel en vue d’un usage futur probable. Le prix
d’option est comparable à une prime d’assurance.
• La valeur de legs qui est le consentement à payer afin de préserver
un actif naturel en vue de son usage par les générations futures.
• La valeur d’existence mesure le consentement à payer sans que l’on
anticipe un usage futur. Par exemple pour la préservation du panda,
sans jamais espérer le voir un jour en liberté. Il s’agit en fait du véritable concept de non-usage, les précédents reflétant des usages différés
ou probables.
Les méthodes d’évaluation des valeurs de non-usage sont beaucoup
plus difficiles à formaliser que celles correspondant aux valeurs d’usage
reflétées directement, au moins en partie, dans les transactions financières. L’approche la plus ancienne est celle des coûts de transport et
d’équipement acquittés par les consommateurs pour avoir accès à la
diversité biologique (parcs naturels, chasse, pêche). Une autre approche
consiste à créer un marché fictif par le biais d’enquêtes. Appelée
méthode d’évaluation contingente, elle consiste à demander aux individus leur consentement à payer (ce qu’ils seraient prêts à débourser…)
pour conserver un élément de la diversité biologique, que ce soit une
espèce ou un écosystème.
8.2.2 Biens économiques et biens gratuits
Pour procéder à l’évaluation économique de la diversité biologique il
faut rappeler la distinction entre les biens économiques et les biens
