8.2 Évaluation économique de la diversité biologique
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8.2 BASES THÉORIQUES
DE L’ÉVALUATION ÉCONOMIQUE
DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
Selon l’économie classique, c’est le marché qui fixe les prix, c’est-àdire que la valeur d’un produit s’établit dans le cadre des échanges entre
un vendeur et un acheteur. Ce prix reflète à la fois le coût de production
du produit et la préférence affichée par le consommateur lorsqu’il a le
choix entre divers produits. Ainsi la destruction d’une forêt pour le
commerce du bois entre dans le cadre du marché puisque certaines
espèces font l’objet d’une demande forte et sont payées parfois très chers.
Mais en même temps, la destruction de cette forêt prive les hommes
d’autres ressources (fruits, champignons, plantes médicinales, bois de
chauffe, etc.) et des services que la forêt pouvait rendre sur le plan de
la régulation des cycles biogéochimiques (stockage du carbone par
exemple), de la production d’oxygène, de son rôle d’abri et d’habitat
pour d’autres espèces. La perte de tous ces produits ou de ces fonctions,
ainsi que le prix à payer pour replanter les arbres, ne sont pas pris en
compte par les exploitants forestiers. Le marché sous-évalue donc le
prix du bois en ignorant les autres biens et services fournis par la forêt.
Ce biais est évidemment préjudiciable à la conservation de la biodiversité
et plus généralement à une gestion durable des ressources naturelles.
Pour remédier à cette situation, il faut identifier les divers types de
valeurs que peut revêtir la biodiversité et disposer d’instruments qui
permettent de réintroduire la diversité biologique, bien gratuit, dans le
circuit économique. C’est un enjeu majeur actuellement pour l’économie
de l’environnement.
8.2.1 Valeurs d’usage et de non-usage
Une première approche est de considérer que la diversité biologique a
une valeur utilitaire et sert à satisfaire des besoins de la société. Une autre
est de reconnaître que la diversité biologique a une valeur intrinsèque,
en dehors de toute utilité. Il s’agit par exemple de la valeur d’existence
d’un animal, qui peut se traduire par «combien sommes-nous prêts à
payer pour maintenir en vie une espèce menacée?». C’est reconnaître
que la vie a un prix en dehors de toute spéculation financière.
On peut donc distinguer des valeurs d’usage qui sont estimées à
partir de l’utilisation qui est faite de la biodiversité, et des valeurs de
non-usage qui sont estimées sur la base d’autres critères que le marché
ou l’utilité.
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