7.3 Gestion et diversité des ressources génétiques
171
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
biologique dans lequel les utilisateurs seront susceptibles de trouver de
nouvelles combinaisons génétiques pour répondre aux nécessités de la
production et aux attentes de la société. Deux modes de gestion coexistent: la gestion ex situ et la gestion in situ.
La gestion ex situ tire parti de l’existence des collections de référence
et des infrastructures de recherche, d’évaluation et d’exploitations
existantes. Les spécimens ramenés des prospections ou issus des laboratoires d’amélioration y sont rassemblés et maintenus en conditions de
conservation, à l’abri de pressions de sélection aléatoires. Le processus
d’enrichissement génétique est entièrement contrôlé par les hommes et
met en œuvre diverses techniques:
• Les cultures de tissus in vitro: la méthode consiste à conserver des
parties minuscules de plantes dans des éprouvettes et à faire pousser
de petits plants dans des tubes contenant un milieu nutritif. Elle
convient au clonage intensif d’une espèce et à son stockage dans des
conditions de croissance ralentie. Malgré ses limites c’est la seule
méthode possible de conservation ex situ pour les plantes qui ne
forment pas de graines ou qui se propagent par rhizome ou bulbe.
Elle est associée parfois à la cryoconservation qui consiste à maintenir
des cultures de tissus à très faible température, par exemple dans l’azote
liquide (– 196°C).
• Les banques de graines, de pollens, de spores. La plupart des espèces
végétales donnent des graines qui sont la partie de la plante la plus
facile à conserver. Pour certaines espèces, dont la majorité des céréales,
les graines peuvent être séchées et maintenues à faible température
(environ – 20°C) sans perdre leur viabilité. Certaines graines peuvent
ainsi survivre pendant une centaine d’années.
La gestion in situ, s’efforce quant à elle de maintenir la diversité
génétique dans des sites où elle a été trouvée lors de prospections, ou
introduite à partir de laboratoires. Elle y subit les contraintes complexes
de l’environnement naturel (écosystèmes, agrosystèmes) et continue à
évoluer. Plusieurs techniques sont utilisées:
• Les banques de gènes au champ: les espèces végétales qui ne donnent
pas facilement de graines, ou dont les graines ne supportent pas la
congélation, sont habituellement conservées sous forme de plantes
sur pied. De nombreuses espèces cultivées qui sont importantes pour
les pays tropicaux se reproduisent par voie végétative (patate douce,
manioc, igname) et sont aussi conservées dans des jardins botaniques,
des arboretums, ou des stations de recherche. C’est également sous
cette forme que l’on conserve le matériel génétique de diverses espèces
telles l’hévéa, le cocotier, le manioc, ainsi que le bananier et le caféier.
Précédent

- 184/274

Suivant