170
7 • Les ressources génétiques et les biotechnologies
de l’industrie) de génotypes particulièrement bien choisis par et pour les
utilisateurs.
Ensuite l’amélioration génétique des plantes, des animaux et des
micro-organismes s’appuie sur les processus de mutation pour enrichir
la panoplie des génotypes disponibles. Elle exploite, à l’occasion de
prospections, le stock des mutations apparues spontanément dans
l’espèce et ses proches parents sauvages; elle a parfois recours également
à la mutagenèse expérimentale. Les développements de la génétique
depuis plus de cent ans ont rationalisé les pratiques empiriques des
anciens obtenteurs et hybrideurs en pratiquant des croisements entre
individus aux génotypes bien caractérisés et en analysant les descendances. Il est aussi possible de composer des génotypes recombinés
qui présentent des assortiments inédits de gènes plus intéressants que
leurs parents, et de les multiplier pour le bénéfice de la collectivité.
L’améliorateur utilise les mécanismes biologiques naturels de la reproduction sexuée (animaux, champignons, plantes) et des échanges génétiques (bactéries) qui brassent et recombinent les molécules d’ADN;
d’ailleurs génétique mendélienne et génétique quantitative sont établies
sur ces processus. Ce faisant, soit dans les champs, soit dans les laboratoires, des collections de génotypes (donc d’individus) très variés ont été
constituées; elles représentent un enrichissement de la diversité biologique créé par les hommes. Bien entendu ces spécimens vivent et se
multiplient sous la responsabilité des hommes qui assurent leur entretien
et leur pérennité. Sans l’intervention de l’homme et sans conservation
contrôlée, ces plantes évolueraient en entretenant des échanges avec
les autres variétés et leurs cousins sauvages. Pour éviter les dérives et les
mutations spontanées qui se produiraient à l’occasion de la multiplication
et de l’entretien d’effectifs élevés, les collections de ces spécimens sont
conservées dans un état dormant: graines sèches, pollens et spores
lyophilisés, cryoconservation de sperme, de cellules somatiques et
mycéliums. Le gestionnaire peut en extraire quelques aliquots pour s’assurer de la conformité, aux types catalogués, de génotypes, de souches, de
races locales, de cultivars ou d’écotypes qu’il a créés par expérimentation
génétique et sélection, ou rassemblés à l’occasion de prospections.
7.3 GESTION ET DIVERSITÉ
DES RESSOURCES GÉNÉTIQUES
Le but général de la gestion des ressources génétiques est d’assurer la
conservation, la disponibilité et, si possible, la diversification du matériel
Précédent

- 183/274

Suivant