7.2 Créer et sélectionner des espèces «utiles»
169
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
du sol et contrôle de l’eau, cultures de céréales et de la vigne, élevage
des porcs, parcs pour le petit gibier (lapins), etc. Au Moyen Âge, pour
lutter contre les famines populaires, les moines poussent au défrichement
de la forêt, et les Croisés rapportent d’Orient de nombreuses plantes
inconnues (légumes et arbres fruitiers) et des animaux (les chats) que
nous considérons aujourd’hui comme autochtones. Le milieu naturel
change, les relations entre les hommes et le vivant sont plus complexes,
mais la croissance démographique et économique se poursuit.
Les grands voyages transocéaniques, les grandes explorations et la
colonisation, du XVI e au XIX e  siècle, mettent l’Europe occidentale au
centre d’un système de mondialisation. De nouvelles espèces sont
introduites, dont certaines nous sont maintenant familières (maïs, pomme
de terre, tabac, tomate, etc.). Les transferts se font aussi vers les autres
continents. Le cheval revient en Amérique, accompagné par les moutons,
les bœufs, les moineaux, et un cortège de plantes, mais aussi par la variole
et la syphilis. La diversité biologique des grandes plaines américaines
en est bouleversée.
Les deux derniers siècles sont marqués par une emprise grandissante
des hommes sur la diversité biologique. Dans toutes les régions du
globe, les conquêtes coloniales, les cultures de rente et le commerce
international ont transformé la diversité biologique. Des crises écologiques localisées sont apparues: déforestations, cultures industrielles,
introductions d’espèces invasives, etc. Cette évolution rapide a les caractéristiques d’une course au trésor, impatiente de profits immédiats et
peu soucieuse du lendemain. Les succès sont accompagnés d’échecs
dont les conséquences peuvent se manifester sur le long terme. Les
extinctions d’espèces, les disparitions d’écosystèmes et de structures
sociales originales en sont les manifestations visibles et prévisibles.
Après avoir fait le tour de la planète les sociétés modernes constatent
maintenant que la diversité biologique n’est pas inépuisable.
7.2 CRÉER ET SÉLECTIONNER
DES ESPÈCES «UTILES»
L’acclimatation, la culture, l’entretien et l’élevage sont possibles grâce
à l’aptitude à la reproduction copie conforme des cellules vivantes, Les
techniques de clonage, micropropagation, bouturage, greffage, etc.,
exploitent ces propriétés et permettent la multiplication en principe
indéfinie (en tout cas suffisamment pour les besoins de l’agriculture et
Précédent

- 182/274

Suivant