6.3 Activités humaines, diversité biologique, et santé humaine
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périmètres irrigués, la mise en eau de barrages, favorisent la pullulation
de vecteurs tels que les moustiques. Il faut aussi prendre en compte les
modifications des modes de vie, et la concentration humaine dans les
villes qui favorisent la transmission d’homme à homme. Sans vouloir
dresser la liste exhaustive des conséquences des changements de
l’environnement sur la santé, les quelques exemples ci-dessous illustrent
la diversité et l’ampleur de ces phénomènes.
6.3.1 Les échanges intercontinentaux
L’un des risques majeurs du commerce international est d’introduire dans
un milieu récepteur des virus, des bactéries, des champignons, des
protozoaires, et des parasites, ainsi que leurs vecteurs ou leurs réservoirs
potentiels. Il y a de nombreux exemples de mortalités massives de
populations humaines ou d’espèces sauvages à la suite de l’introduction
de nouveaux agents pathogènes.
Le vecteur de l’agent infectieux peut être l’homme lui-même. Ainsi,
plusieurs millions d’hommes sont morts dans le Nouveau Monde, une
fois mis en contact avec les maladies infectieuses amenées par les
conquistadors. La variole introduite par l’armée espagnole en 1520 au
Mexique a tué 3,5 millions de personnes, soit la moitié de la population
autochtone, en seulement deux ans. Encore de nos jours, des tribus
amazoniennes peuvent être décimées par le contact avec de nouveaux
agents infectieux comme la rougeole.
La situation est plus complexe lorsque le cycle de l’agent infectieux
comporte un hôte intermédiaire et/ou un vecteur. Au XVII e  siècle, les
bateaux transportant des esclaves de l’Afrique vers les Caraïbes ont
amené avec leurs réserves d’eau douce le moustique Aedes aegypti
vecteur de la fièvre jaune et de la dengue hémorragique. Les esclaves
constituaient le réservoir de virus. Tout était donc en place pour que ces
maladies s’installent en Amérique du Sud. A. aegypti a résisté jusqu’ici à
de nombreuses campagnes d’éradication et constitue toujours le principal
vecteur de la fièvre jaune urbaine.
Le moustique Aedes albopictus quant à lui, a été introduit aux ÉtatsUnis en 1985 en provenance du Japon, à l’occasion de l’importation de
pneus usés destinés à des usines de retraitement de caoutchouc. La
larve a pu survivre dans la gaine interne du pneu où subsistait un peu
d’eau de pluie. Le moustique qui s’est ensuite disséminé rapidement peut
transmettre la dengue, ainsi que des arbovirus responsables d’encéphalites. Cette espèce en expansion continue à coloniser de nouveaux
territoires. A. albopictus est arrivé également au Brésil, au Nigeria, en
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