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6 • Dynamique de la diversité biologique et conséquences (santé)
des pathogènes sont des bactéries ou des rickettsies (des parasites
présents chez les arthropodes). Les virus ou prions ne sont à l’origine que
d’un quart des maladies, le reste étant constitué par des protozoaires,
des vers et des champignons. Les maladies émergentes ont quasiment
quadruplé durant ces cinquante dernières années, même si la courbe
cesse de grimper aujourd’hui. Elles ont connu un pic au cours des
années 1980.
Les recherches ont également permis de distinguer deux grandes zones
favorables à l’émergence de nouveaux pathogènes pour l’homme.
D’une part, les pays tropicaux en développement où une forte pression
démographique amène les hommes à côtoyer une faune sauvage très
riche et diversifiée. Les zones à risque sont l’Asie du Sud-Est, le souscontinent indien, le delta du Niger et la région des Grands Lacs en
Afrique. L’autre grand foyer est constitué par les pays riches où l’utilisation massive des antibiotiques a favorisé l’apparition de souches
bactériennes résistantes, le plus connu étant le staphylocoque doré.
Il existe également d’autres causes qui sont liées aux caractéristiques
biologiques des pathogènes. C’est ainsi que les virus, compte tenu de
leur cycle de vie très court, ont la capacité de s’adapter rapidement aux
changements de l’environnement par rapport aux hommes et autres
animaux à durée de vie plus longue. L’émergence d’un virus peut ainsi
résulter de l’évolution de novo d’un nouveau variant viral, à la suite de
mutations ou de recombinaisons entre des virus existants qui peuvent
engendrer des souches plus virulentes. Le virus A de la grippe par
exemple évolue sans cesse et de nouvelles souches du virus se propagent dans les populations humaines. Les vaccins protègent seulement
contre les souches connues et personne ou presque n’est immunisé
contre les souches nouvelles. Ne rencontrant aucune résistance, ces
dernières se répandent rapidement dans le monde entier et peuvent
provoquer de nombreux morts.
On a signalé de nombreux cas de maladies émergentes chez les
animaux sauvages. Les causes en sont diverses:
• Le passage de pathogènes d’animaux domestiques à des espèces
sauvages vivant à proximité. On peut citer parmi d’autres le passage
du Morbillivirus canin (maladie de Carré) au lion qui a provoqué de
très fortes mortalités en 1991 dans le parc du Sérenguéti en Afrique.
Un autre Morbillivirus a été identifié chez des phoques du lac Baïkal,
morts eux aussi en grand nombre. Il est proche également de celui
de la maladie de Carré et l’on pense qu’il a été transmis aux phoques
par les chiens vivant sur le rivage du lac.
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