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6 • Dynamique de la diversité biologique et conséquences (santé)
ou secondaire. Il en résulte que plusieurs agents sont susceptibles de
transmettre le paludisme au même endroit, parfois simultanément, parfois
à des saisons différentes.
En outre, il existe une grande variabilité intraspécifique pour chacune
des espèces. Ainsi, chez A. funestus, certaines populations sont essentiellement anthropophiles, alors que d’autres sont en partie zoophiles, et
leurs potentiels de transmission du Plasmodium sont également différents. En ce qui concerne A. gambiae qui est le vecteur principal du
paludisme, on sait maintenant qu’il s’agit d’un complexe de 6 espèces
jumelles. En outre il existe des espèces cryptiques et des «formes
cytologiques» dont la fréquence relative varie en fonction des conditions écologiques et des saisons. La complexité des systèmes génétiques
d’A. gambiae est donc extraordinaire. Elle résulte probablement de la
capacité de cette espèce à s’adapter rapidement à des environnements
qui évoluent, ainsi qu’aux nouveaux habitats créés par l’homme. On
comprend ainsi les difficultés rencontrées pour contrôler le paludisme
car toutes les espèces ou «formes» n’ont pas toutes les mêmes caractéristiques biologiques et écologiques de telle sorte que les méthodes
de lutte doivent être diversifiées.
La complexité réside également dans la variabilité génétique du
parasite, Plasmodium falciparum, qui est capable de développer d’importantes variations antigéniques pour échapper à la réponse immunitaire
de l’hôte. L’homme se défend en effet en développant une immunité
partielle qui se renforce au cours de la vie à mesure que les contaminations
s’accumulent. Sans compter que les parasites deviennent actuellement
résistants aux produits antipaludéens. La résistance à la nivaquine a été
détectée dans les années 1950 et s’est répandue à travers le monde,
augmentant ainsi la morbidité due au paludisme. Depuis, des résistances
à d’autres antipaludéens sont apparues, obligeant à une recherche
permanente de nouveaux produits.
6.2 LES PATHOLOGIES ÉMERGENTES
Les infections virales et bactériennes ont longtemps constitué la principale cause de mortalité humaine. La pandémie de grippe qui a sévi
entre 1918 et 1919 (la grippe espagnole) a tué entre 20 et 40 millions de
personnes, plus que la Première Guerre mondiale. Ce fut probablement
l’une des plus grandes catastrophes naturelles ayant frappé l’humanité.
Elle a été précédée depuis le début de l’ère chrétienne par de grandes
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