6.1 La complexité des relations hôtes-parasites
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et des souches infestantes du parasite (Onchocerca volvulus) pour
comprendre la dynamique de la transmission dans des zones très variées
sur le plan climatique et phytogéographique.
Le vecteur est une simulie (Diptère) identifiée à l’origine comme
une seule espèce: Simulium damnosum. On s’est aperçu depuis qu’il
s’agissait en réalité d’un complexe d’espèces jumelles, très proches
morphologiquement (et donc difficiles à distinguer), mais différentes
par la structure des chromosomes. Pour l’Afrique de l’ouest il existe
trois sous-ensembles (S. damnosum, S. sanctipauli et S. squamosum)
dont chacun renferme plusieurs «espèces». Sur le plan épidémiologique
ces différentes espèces (neuf au total) n’occupent pas les mêmes zones
phytogéographiques. Certaines sont typiques des zones de savanes,
alors que d’autres se rencontrent surtout en zone forestière. En outre,
ces différentes espèces n’ont pas les mêmes capacités de transmission
de l’onchocercose: les formes de forêt sont des vecteurs plus actifs du
parasite que celles de savane.
Plusieurs espèces de parasites existent également, et les simulies
peuvent être porteuses de microfilaires infectant des animaux, morphologiquement proches du parasite humain (Onchocerca volvulus). À des
fins opérationnelles, afin de ne pas confondre microfilaires humaines
et microfilaires animales difficiles à identifier sur des bases morphologiques, des sondes ADN ont été mises au point, permettant de différencier
O. volvulus des autres espèces. Enfin, pour la filaire O. volvulus ellemême, on a mis en évidence des différences de pathogénicité entre les
souches de forêt et les souches de savanes.
6.1.2 Le cas du paludisme
Le paludisme est l’une des maladies les plus meurtrières de la planète:
chaque année il affecte des centaines de millions d’êtres humains et
fait plus de 2 millions de morts. L’agent pathogène est un protozoaire
du genre Plasmodium transmis par des moustiques du genre Anopheles,
et dont plusieurs espèces sont pathogènes pour l’homme. Dans les
années 1940, des insecticides (DDT) et des médicaments antipaludéens
(nivaquine), efficaces et bon marché, ont été mis au point. On pensait
alors juguler rapidement cette endémie. Il n’en est rien.
Une difficulté majeure dans la lutte contre le paludisme réside dans
la variété et la complexité du système de transmission de la maladie.
En Afrique, cinq espèces d’anophèles sont des vecteurs efficaces:
A. gambiae, A. arabiensis, A. funestus, A. nili et A. moucheti. Mais il
existe également 8 ou 9 autres espèces vectrices d’importance locale
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