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4 • Dynamique de la diversité biologique et activités humaines
concilier l’enclosure du bétail et la préservation d’espèces arborées
utiles, ou de zones de culture. Ces espaces constituent l’essentiel des
paysages contemporains en Europe où la structure des peuplements
végétaux est largement dépendante de l’homme. Autrement dit, ce que
nous appelons «la Nature» est le résultat de milliers d’années d’utilisation des terres par les sociétés humaines qui ont façonné les paysages.
Selon l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire, la plupart des
changements enregistrés au niveau des écosystèmes l’ont été en vue de
faire face à demande croissante en nourriture, eau, bois de construction,
fibre, et en énergie. Les systèmes agricoles (secteurs dont au moins 30%
du paysage est constitué de terres agricoles, de jachères, de production
animale ou d’aquaculture en eau douce) couvrent actuellement un quart
de la superficie des terres fermes sur l’ensemble du globe. Depuis
1980, environ 35% des mangroves ont été détruites ainsi que 20% des
récifs coralliens du monde. À l’échelle de la planète, les forêts cèdent
du terrain. La situation est particulièrement préoccupante pour les forêts
tropicales, mais commence à être sérieuse pour les forêts boréales et
tempérées. En France métropolitaine cependant, on assiste au phénomène
inverse: en l’espace de 40 ans, les espaces boisés sont passés de 11,3 à
15 millions d’hectares, de telle sorte que la forêt occupe aujourd’hui plus
du quart du territoire métropolitain. C’est en partie le résultat d’une
politique volontariste qui s’est traduite notamment par la création en
1966 de l’ONF (Office national des forêts) qui gère plus du quart du
territoire forestier national. Mais les chiffres globaux cachent en réalité
des modifications profondes:
• L’extension des surfaces boisées s’opère au détriment de l’activité
agricole et des paysages, en raison de la déprise agricole qui est un
lent mouvement d’abandon du territoire.
• La forêt dite linéaire, constituée par les arbres épars qui forment les
haies (acacias, frênes), les bosquets, les vergers (pommiers, poiriers,
mûriers, oliviers), les ripisylves (peupliers, aulnes), connaît un recul
spectaculaire lié au remembrement, à l’urbanisation, à la déprise
agricole. On estime qu’environ 100 millions d’arbres et 500 000 km
en linéaire de haies ont ainsi disparu au cours des trente dernières
années. Depuis le début du siècle, 3 millions d’hectares ont été
transformés et il ne resterait que 1,6 million de forêt linéaire.
• Les résineux qui ne représentaient que le quart de la surface boisée
au début du siècle ont gagné du terrain et représentent maintenant
plus du tiers. Pins, sapins, épicéas poussent plus rapidement que les
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