Méthode empirique pour prendre du poisson 37
chemin du pêcheur, pour ne pas disperser les efforts, pour
fournir les bases rationnelles d’un progrès continu. J’ose en
revendiquer la paternité car, à ma connaissance, jamais auparavant une semblable tentative de synthèse n’avait été accom—
'
plie ni même ébauchée.
L’approche méthodique de la pêche est moins compliquée
qu’il n’y paraît à première vue, à la condition de se plier
_à quelques règles de bon sens. ll convient d’abord d’avoir
une idée claire des besoins et des objectifs. C’est ainsi, par
exemple, que la fabrication d’un matériel efficace suppose
une connaissance réelle du comportement des poissons. C’est
ainsi, autre exemple, que la recherche des lieux de pêche
exige une connaissance de la configuration marine et des
facteurs d’empoissonnement. Il convient ensuite de s’adapter avec une grande humilité intellectuelle aux pauvres
moyens de l’amateur et de compenser la médiocrité de ces
moyens par un surcroît d’imagination, par un sens aiguisé
'
de l’observation. ll est indispensable, enfin, de s’imposer
un programme, non seulement pour employer au mieux le
temps dont on dispose, et le temps passe si vite! mais aussi
pour se défendre des deux travers que
sont la routine et la
‘
précipitation.
'
-
La routine, il faut s’en méfier comme de la peste. Le milieu
marin étant instable, et le poisson le cabochard que vous
savez, le << pêcheur pensant » est obligé de s’adapter à la
mouvance du milieu et à la versatilité de l’animal. Il est
amené à remettre constamment en cause les outils, les lieux
de pêche et l’ensemble des techniques. Cette permanente
recherche ne se fait pas sans énergie. Elle demande un effort
'
physique et intellectuel, et cet effort n’est pas négligeable
car, au contact de la mer, l’homme subit une forme de fascination qui le rend volontiers apathique etparésseux. Cepen—
dant, la routine n’est peut-être pas le risque majeur qui
guette le pêcheur. Il doit se garder encore davantage de la
précipitation brouillonne. En effet, les combinaisons des
paramètres qu’un expérimentateur avisé est en mesure de
faire varier, lieu, moment, profondeur, vitesse, forme et couleur du leurre, etc., le nombre de ces combinaisons est si
élevé, on l’a vu, que le pêcheur, saisi par l’angoisse de l’échec,
obsédé par le nombre d’expériences à mener à leur terme,
_
chemin du pêcheur, pour ne pas disperser les efforts, pour
fournir les bases rationnelles d’un progrès continu. J’ose en
revendiquer la paternité car, à ma connaissance, jamais auparavant une semblable tentative de synthèse n’avait été accom—
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plie ni même ébauchée.
L’approche méthodique de la pêche est moins compliquée
qu’il n’y paraît à première vue, à la condition de se plier
_à quelques règles de bon sens. ll convient d’abord d’avoir
une idée claire des besoins et des objectifs. C’est ainsi, par
exemple, que la fabrication d’un matériel efficace suppose
une connaissance réelle du comportement des poissons. C’est
ainsi, autre exemple, que la recherche des lieux de pêche
exige une connaissance de la configuration marine et des
facteurs d’empoissonnement. Il convient ensuite de s’adapter avec une grande humilité intellectuelle aux pauvres
moyens de l’amateur et de compenser la médiocrité de ces
moyens par un surcroît d’imagination, par un sens aiguisé
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de l’observation. ll est indispensable, enfin, de s’imposer
un programme, non seulement pour employer au mieux le
temps dont on dispose, et le temps passe si vite! mais aussi
pour se défendre des deux travers que
sont la routine et la
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précipitation.
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La routine, il faut s’en méfier comme de la peste. Le milieu
marin étant instable, et le poisson le cabochard que vous
savez, le << pêcheur pensant » est obligé de s’adapter à la
mouvance du milieu et à la versatilité de l’animal. Il est
amené à remettre constamment en cause les outils, les lieux
de pêche et l’ensemble des techniques. Cette permanente
recherche ne se fait pas sans énergie. Elle demande un effort
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physique et intellectuel, et cet effort n’est pas négligeable
car, au contact de la mer, l’homme subit une forme de fascination qui le rend volontiers apathique etparésseux. Cepen—
dant, la routine n’est peut-être pas le risque majeur qui
guette le pêcheur. Il doit se garder encore davantage de la
précipitation brouillonne. En effet, les combinaisons des
paramètres qu’un expérimentateur avisé est en mesure de
faire varier, lieu, moment, profondeur, vitesse, forme et couleur du leurre, etc., le nombre de ces combinaisons est si
élevé, on l’a vu, que le pêcheur, saisi par l’angoisse de l’échec,
obsédé par le nombre d’expériences à mener à leur terme,
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