Méthode empirique pour prendre du poisson 35
Il ne dispose pas comme le chasseur d’un fusilsusceptible
de lancer un projectile, à 300 m/s, sur une cible hors
d’atteinte. Sa méthode à lui est effroyablement passive : il
_
_
offre à manger. Ses chances de succès sont aussi élevées que
celles d’un chasseur de lion, qui, embarqué en hélicoptère,
_
et volant au-dessus d’une nappe de brouillard, traînerait au
sol un gigot d’antilopeî
'
Dernière difficulté et non la moindre : le pêcheur n’a jamais
de certitudes. ll doit intégrer à son équation des inconnues
multiples : le lieu, le moment, l’heure de lamarée, le temps,
le vent, la pression barométrique, le mode de traîne, le leurre,
sa taille et sa couleur, la vitesse et la profondeur de traîne...
Ces facteurs peuvent se croiser en un nombre impression—
nant de combinaisons. Comment déceler les combinaisons
gagnantes? Non seulement le temps manque pour répéter
les essais dans des conditions identiques, mais surtout on
_
ne peut presque jamais isoler un de ces facteurs et mesurer
avec précision son influence sur les résultats.
En dernière analyse, face aux incroyables difficultés qui
l’attendent, le pêcheur n’a que deux atouts dans son jeu.
Premier atout : la voracité des poissons. Dans ses moments
de fringale, le poisson de mer est une brute insatiable. Il
_
engame des morceaux presque aussi gros que lui.
Le deuxième atout du pêcheur, il doit le chercher en lui—
même. C’est un cocktail de ténacité, de patience, d’aptitude
à observer la nature, à multiplier les expériences et à en déga—
ger des connaissances d’autant plus difficiles à acquérir
qu’elles sont souvent paradoxales. C’est surtout la capacité
d’agir avec méthode, car, pour
surmonter les accablantes
difficultés qui se dressent sur son chemin, pour compenser
la pauvreté de ses moyens, pour réduire la part du hasard
et de la chance, pour ne pas disperser ses efforts, le pêcheur
se doit d’agir avec méthode, encore qu’il sache pertinemment qu’il n’est pas de méthode miracle garantissant le succès à coup sûr et qu’on ne ferre pas
des poissons comme
on tire des pigeons d’argile.
L’ambition du présent ouvrage
est de proposer un ensem—
ble de méthodes pour fournir des armes efficaces et les
manier avec adresse, pour découvrir des lieux de pêche ponctuels sur la mer immense, pour adapter les opérations aux
Il ne dispose pas comme le chasseur d’un fusilsusceptible
de lancer un projectile, à 300 m/s, sur une cible hors
d’atteinte. Sa méthode à lui est effroyablement passive : il
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offre à manger. Ses chances de succès sont aussi élevées que
celles d’un chasseur de lion, qui, embarqué en hélicoptère,
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et volant au-dessus d’une nappe de brouillard, traînerait au
sol un gigot d’antilopeî
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Dernière difficulté et non la moindre : le pêcheur n’a jamais
de certitudes. ll doit intégrer à son équation des inconnues
multiples : le lieu, le moment, l’heure de lamarée, le temps,
le vent, la pression barométrique, le mode de traîne, le leurre,
sa taille et sa couleur, la vitesse et la profondeur de traîne...
Ces facteurs peuvent se croiser en un nombre impression—
nant de combinaisons. Comment déceler les combinaisons
gagnantes? Non seulement le temps manque pour répéter
les essais dans des conditions identiques, mais surtout on
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ne peut presque jamais isoler un de ces facteurs et mesurer
avec précision son influence sur les résultats.
En dernière analyse, face aux incroyables difficultés qui
l’attendent, le pêcheur n’a que deux atouts dans son jeu.
Premier atout : la voracité des poissons. Dans ses moments
de fringale, le poisson de mer est une brute insatiable. Il
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engame des morceaux presque aussi gros que lui.
Le deuxième atout du pêcheur, il doit le chercher en lui—
même. C’est un cocktail de ténacité, de patience, d’aptitude
à observer la nature, à multiplier les expériences et à en déga—
ger des connaissances d’autant plus difficiles à acquérir
qu’elles sont souvent paradoxales. C’est surtout la capacité
d’agir avec méthode, car, pour
surmonter les accablantes
difficultés qui se dressent sur son chemin, pour compenser
la pauvreté de ses moyens, pour réduire la part du hasard
et de la chance, pour ne pas disperser ses efforts, le pêcheur
se doit d’agir avec méthode, encore qu’il sache pertinemment qu’il n’est pas de méthode miracle garantissant le succès à coup sûr et qu’on ne ferre pas
des poissons comme
on tire des pigeons d’argile.
L’ambition du présent ouvrage
est de proposer un ensem—
ble de méthodes pour fournir des armes efficaces et les
manier avec adresse, pour découvrir des lieux de pêche ponctuels sur la mer immense, pour adapter les opérations aux
