Normandie
Jean—François Millet :
,
.
-
l'avis de
-
Barbey d'Aurevilly
Ÿ" '
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"
"'”;
La gloire de jean—François Millet (1814…;-' Ïf
1875), de ses Glaneuses, de son Angelus,
du Semeut, dépassa au XIXe siècle tout ce
.
%
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que l‘on pouvait imaginer : non seulement
î
“,
æ
en raison du prix fabuleux atteint par ces
_—
.
_
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…
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tableaux dans les ventes successives (vendu
_
…
,'
1 000 francs or en 1860, 1‘Angelus attei—
gnit 800 000 francs or en 19101), mais
.
_
-
aussi par la popularité des sujets peints par
“
‘—
__
Millet, dont on retrouvait des reproduc—
—
.
'
tions dans les moindres chaumières de
…
.
_
France et de Navarre : chaque couple de
‘
paysans se reconnaissait dans ces scènes de
la me rurale qu0udænïæ'
Le granit du Cotentin (La Hague).
Ïules Barbey d‘Aurevilly (1808—1889),
'
/——\
'
aristocrate du cru, dandy parisien, roman—
SUÎ΀ |GŒg_meaU de Laye
cier, critique littéraire et accessoirement cri—
ger la baie ECâ|grain, ”et l‘on arrive
tique d‘art, avait dans tous les domaines
au
Nez—de—Voidries, d'0Ù l'on a la
des jugements abrupts et contestabZes, dic—
plus belle vue sur
le Nez—detés par son humeur. Mais, en Millet, il
Jobourg au sud—est. On est ensuite
voit d'abord le Normand, son « pays »,
de longerl«‘usine de retraipuisque tous deux sont natifs du Cotentin.
tëñïët de déchets nucléaires, de
L‘hommage qu‘il rend à Millet est appuyé
reprendre la D 901 pour descen—
sous la plume de Barbey, le compliment
dre vers Vauville où la côte rocheuestrare:
se fait place aux étendues dunai—
« Paysan d‘ancienne et forte race, chez qui
res.
_
î
—
la santé du talent prouve la pureté de l‘ori—
> Falaise du Mur-Blanc
-
'
‘
gine, il était né à Gréville, non loin de
7 ha (communes de Gréville—Hague
Cherbourg, sur la côte, en face de la mer,
et Ecullevle). Accès par Gréville et
dans cette presqu‘île du Cotentin, la plus
-
pittoresque partie de cette Normandie, qui
a le privilège d‘offrir au regard dans sa
'
_
vaste ceinture la plus étonnante variété de
paysages. » Pour Barbey, Millet est un au—
thentique Normand, « c‘est—à—dire un ro—
buste », qu‘il adoube dans un grand élan
,.
lyrique : « je le reconnais pour un de mes
compatriotes, comme un communiant à la
-
_
même nature, aux mêmes souvenirs et aux
..;
_
mêmes impressions que moi ! je le recon—
..
.
?
.
nais pour Normand, du faite à la base, au
L:“…
'
moindre trait de son pinceau ou de son
'
.
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—
crayon, à la moindre esquisse. [...] C‘est
_
_
f —
assurément là une figure de la plus
haute
——’ —_—
__
_
,
—
moralité dans l'art. j'ai tenu à la faire
_;:__’
_
‘
“
saillir. L‘homme ici vaut presque l‘artiSte. »
‘
"
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‘
(Barbey d'Aurevilly,
……
‘
‘
'
'
Sensations d‘art, VII.)
La Hague.
81
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