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BIODIVERSÏTË ET ENVIRONNEMENT
soient si peu suivies d’effet. Il faut dire que l’opinion ne se manifeste guère ; et
surtout les acteurs sociaux les plus puissants, les entreprises et les institutions
publiques, ne poussent pas les politiques à l’action. Ils se satisfont souvent de
suivre la réglementation avec un enthousiasme modéré, annonçant bien haut
que les efforts déjà faits coûtent cher et que le problème d’avenir de la biodiver—
sité n’est pas de leur responsabilité.
Les débats sont loin d’être clairs : la complexité des choses, ainsi que la dis—
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cordance entre les échéances politiques et biologiques, favorisent l’attente. Le
manque de décision est alors souvent accepté sous le prétexte fallacieux que,
tant que la recherche n’a pas achevé son œuvre, il est inutile ou dangereux
d’agir… Cet argument d’ignoranee, prétexte à tous les immobilismes, est
dépourvu de sens : on ne sait jamais tout. Cela n’empêche pas de réagir à une
situation inquiétante en fonction de ce qui est connu et l’évaluation des effets de
l’action permet de stimuler les recherches dans les domaines où l’ignorance est
la plus gênante.
RISQUES ENCÛURÜS
ET RISQUES EMAGÏNAÏRES
De la diversité du monde vivant, la société attend des ressources alimentaires
et des matériaux, des médicaments (plus de la moitié des substances pharmaco—
logiques sont tirées des végétaux), un environnement qui satisfasse son confort
physique et ses exigences culturelles, qui efface certaines conséquences des
activités humaines (dépollutions et recolonisations des friches industrielles ou
minières), et qui contribue à maintenir les cycles biogéochimiques et les équi—
libres de la biosphère. La disparition des êtres vivants impliqués dans la réponse
à chacune de ces demandes est susceptible de mettre l’espèce humaine ou plus
simplement les structures sociales en danger. Que la biodiversité évolue rapide—
ment et se réduise globalement en conséquence du développement démogra—
phique de l’humanité est une certitude. Passer à une évaluation des risques est
une question d’une toute autre ampleur. En fait, il n’existe pas de démarche uni—
verselle en la matière et ceci est essentiellement dû à des effets d’échélles de
temps et d’espace.
De nombreuses molécules pharmacologiques actives utilisées par l’homme
proviennent aujourd’hui encore d’extractions faites à partir de végétaux. La
poursuite à des fins pharmaceutiques de l’exploration de richesses biochi—
miques des plantes et le progrès de la thérapeutique exigent le maintien d’une
biodiversité dont la destruction dela forêt tropicale peut nous priver. La prise de
conscience de cette éventuaté est si forte qu’elle a entrainé de vifs débats à la
Conférence de Rio en 1992, tant sur le fond que sur le partage des prots
qu’appoerait
une politique de conservation. Les évaluations des risques faites
par les pays du Nord ou du Sud, par les grandes firmes pharmaceutiques ou les
Etats, étaient le plus souvent opposées et leurs contradictions ne sont toujours
pas résolues...
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