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Biodiversité et société
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revenu des bénéficiaires directs de l’usage du vivant, une partie conséquente
des moyens financiers nécessaires à l’entretien du monde bi010gique. Ce patri—
moine est considéré comme appartenant essentiellement à la société dans son
ensemble, il constitue à la fois un héritage culturel et une assurance pour l’ave—
nir. Un Candide moderne serait certainement étonné d’une telle cacophonie.
Peut—être verrait—il bien vite qu’au delà de l’expression, parfois exagérée,
d’intérêts individuels différents, la divergence des opinions tient à deux fai—
blesses fondamentales de la démarche intellectuelle. La première est la quasiimpossibilité de déterminer à propos de la biodiversité les valeurs sur lesquelles
se fonde la science économique (y compris parfois la première, l’usage, qui
paraît pourtant la plus accessible). En second lieu, il apparaît , quand on se place
dans la perspective des changements globaux évoqués plus haut, que les évalua—
tions ne peuvent qu’être circonstancielles. En matière de diversité biologique, la
contingence de la définition de la valeur limite fortement l’efficacité pratique de
ce concept qui structure cependant les discours du plus grand nombre...
Æ.
poêËtäque
Les politiques ont un double objectif : promouvoir une vision de l’avenir et,
dans l’immédiat, conduire pas à pas le corps social, en tenant compte des
moyens disponibles, dans une direction acceptable par leurs mandants. Les
menaces sur la biodiversité et leurs éventuelles conséquences sur l’économie et
la vie sociale présentes et futures les concernent donc. Ils prêtent attention aux
progrès des connaissances et s’efforcent de les analyser et de les utiliser. Leurs
réexions respectent le contexte idéologique et culturel de la société. Elles
s’expriment dans des attendus de textes législatifs et réglementaires ou des rap—
ports de synthèse (comme ceux de l’Office Parlementaire d’Evaluation des
Choix Scientifiques et Techniques). Ce faisant, une perspective nationale est
tracée : elle vise bien à connaître, protéger et laisser évoluer la diversité, elle
répond au premier objectif de l’action politique.
Notre Candide ne manquerait pas de constater une rupture importante s’il
analysait l’affaire sous l’angle du second dessein évoqué plus haut. A l’occa—
sion des débats, au moment de prendre des décisions, les politiques oublient les
principes qui les avaient guidés précédemment. Ils traitent platement de la bio—
diversité dans le système des valeurs de la perception économique. Le plus sou—
vent, ils se situent discrètement entre les tenants des valeurs d’usage et d’option
et ceux des valeurs écologiques et d’existence.
Enfin, dans l’action quotidienne, des échéances bien plus rapprochées les
préoccupent. Ceci les conduit à tenir un dernier discours dans lequel ils deman—
dent plus de réalisme, de << démocratie » et de sens des responsabilités à tous les
autres acteurs... Pourtant qui d’autre mieux que le corps politique prendra en
main les problèmes complexes de réaction à la déprise agricole, de réhabilita—
tion des paysages urbains, d’aménagement des cours d’eau et des forêts,
d’entretien d’une vie sociale en montagne ? L’expression d’une politique natio—
nale des ressources naturelles (y compris la biodiversité) et d’aménagement du
territoire attend la mise en place de programmes concrets, la définition de
métiers nouveaux, la formation permettant d’y accéder et la création des
emplois correspondants. On pourrait s’étonner donc que les bonnes paroles
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