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BIODIVERSlTE ET ENVIRONNEMENT ___—___“—
publiques ont réussi ces dernières années à rassembler et à entretenir dans des
vergers conservatoires un très grand nombre de variétés locales de pommiers,
elles doivent en partie leur succès à la longévité et à la simplicité d’entretien de
ces arbres, qui permettent d’attendre que les sélectionneurs, les amateurs ou les
consommateurs s’y intéressent à nouveau. Il n’en est pas de même pour toutes
les espèces. En dépit d’un potentiel génétique probablement précieux, le coût
d’entretien et le faible rapport des moutons de race Sologn0te ont fait que la
race vient de disparaître. Certes, dans les deux exemples avancés, pommiers et
moutons, des substitutions par d’autres variétés ou races au riche potentiel sont
possibles, mais une inquiétude persiste : ne fait—on pas un pari sur l’avenir en
abandonnant un capital génétique encore mal connu mais probablement très ori—
ginal ‘? De nombreuses situations peuvent être examinées sous cet angle : cha—
cune pose des problèmes particuliers résultant de la diversité du monde vivant
et de celle des intérêts de l’homme. Edicter des règles générales ne dispense
donc pas de l’analyse raisonnée de chaque cas et d’un effort de connaissance.
Les chercheurs peuvent répondre à cette attente. ils apportent des connais—
sances mais ils contribuent aussi à révéler les ignorances. La société a quelque
difficulté à accepter également ces deux résultats de leur activité : elle attend le
premier et refuse le second. Elle reproche souvent aux chercheurs leur <<
égoïsme >>, le coût de leurs travaux et un déficit de communication.
3. Pereeptäen éeennmigne
Puisque la biologie n’offre pas de certitudes pour faire face aux menaces qui
pèsent sur la biodiversité, il est intéressant de considérer les aspects écono—
miques du problème. L’espoir est de trouver par une telle démarche des prin—
cipes d’ordre et des aides àla décision. La science économique propose effectivement une analyse fondée sur quatre types de valeur : valeur d’usage, valeur
écologique, valeur d’option, valeur d’existence. Le mérite de cette classification
est d’ aider à préciser quatre notions : le bénéfice financier de l’utilisation immé—
diate d’une ressource, l’intérêt de sa présence et de sa fonction dans un écosys—
tème, l’identification de ce qui pourrait s’avérer exploitable dans le futur, la
dimension morale et culturelle. Les efforts de hiérarchisation des problèmes
posés par la biodiversité selon ces concepts n’ont cependant pas conduit à des
principes d’action acceptables par tous.
L’examen des motivations de la majorité des acteurs fait très bien apparaître
la palette des appréciations et des opinions qui guident décisions et actions. Il
explique l’existence de conits persistants dans la société. Lorsque la valeur
d’usage et le profit sont prédorninants, le groupe social agit dans le court terme
sur un nombre restreint d’objets biologiques. Il en recherche l’appropriation. La
reconnaissance de droits variés et l’obtention de brevets et de licences prennent
le pas sur la biologie des organismes. La notion de patrimoine national apparaît
seulement en second plan. Il est cependant admis que l’ensemble de la société
doit faire face aux frais de conservation générale des ressources et d’entretien
des écosystèmes
et des paysages. A l’opposé, lorsque valeur écologique et
valeur d’ex1stence sont primordiales, le groupe social agit à plus long terme. Il
recherche dans
l’énoncé de la loi la réglementation des exploitations instanta—
nees et abusrves des ressources biologiques. Il demande que soit trouvé, dans le
BIODIVERSlTE ET ENVIRONNEMENT ___—___“—
publiques ont réussi ces dernières années à rassembler et à entretenir dans des
vergers conservatoires un très grand nombre de variétés locales de pommiers,
elles doivent en partie leur succès à la longévité et à la simplicité d’entretien de
ces arbres, qui permettent d’attendre que les sélectionneurs, les amateurs ou les
consommateurs s’y intéressent à nouveau. Il n’en est pas de même pour toutes
les espèces. En dépit d’un potentiel génétique probablement précieux, le coût
d’entretien et le faible rapport des moutons de race Sologn0te ont fait que la
race vient de disparaître. Certes, dans les deux exemples avancés, pommiers et
moutons, des substitutions par d’autres variétés ou races au riche potentiel sont
possibles, mais une inquiétude persiste : ne fait—on pas un pari sur l’avenir en
abandonnant un capital génétique encore mal connu mais probablement très ori—
ginal ‘? De nombreuses situations peuvent être examinées sous cet angle : cha—
cune pose des problèmes particuliers résultant de la diversité du monde vivant
et de celle des intérêts de l’homme. Edicter des règles générales ne dispense
donc pas de l’analyse raisonnée de chaque cas et d’un effort de connaissance.
Les chercheurs peuvent répondre à cette attente. ils apportent des connais—
sances mais ils contribuent aussi à révéler les ignorances. La société a quelque
difficulté à accepter également ces deux résultats de leur activité : elle attend le
premier et refuse le second. Elle reproche souvent aux chercheurs leur <<
égoïsme >>, le coût de leurs travaux et un déficit de communication.
3. Pereeptäen éeennmigne
Puisque la biologie n’offre pas de certitudes pour faire face aux menaces qui
pèsent sur la biodiversité, il est intéressant de considérer les aspects écono—
miques du problème. L’espoir est de trouver par une telle démarche des prin—
cipes d’ordre et des aides àla décision. La science économique propose effectivement une analyse fondée sur quatre types de valeur : valeur d’usage, valeur
écologique, valeur d’option, valeur d’existence. Le mérite de cette classification
est d’ aider à préciser quatre notions : le bénéfice financier de l’utilisation immé—
diate d’une ressource, l’intérêt de sa présence et de sa fonction dans un écosys—
tème, l’identification de ce qui pourrait s’avérer exploitable dans le futur, la
dimension morale et culturelle. Les efforts de hiérarchisation des problèmes
posés par la biodiversité selon ces concepts n’ont cependant pas conduit à des
principes d’action acceptables par tous.
L’examen des motivations de la majorité des acteurs fait très bien apparaître
la palette des appréciations et des opinions qui guident décisions et actions. Il
explique l’existence de conits persistants dans la société. Lorsque la valeur
d’usage et le profit sont prédorninants, le groupe social agit dans le court terme
sur un nombre restreint d’objets biologiques. Il en recherche l’appropriation. La
reconnaissance de droits variés et l’obtention de brevets et de licences prennent
le pas sur la biologie des organismes. La notion de patrimoine national apparaît
seulement en second plan. Il est cependant admis que l’ensemble de la société
doit faire face aux frais de conservation générale des ressources et d’entretien
des écosystèmes
et des paysages. A l’opposé, lorsque valeur écologique et
valeur d’ex1stence sont primordiales, le groupe social agit à plus long terme. Il
recherche dans
l’énoncé de la loi la réglementation des exploitations instanta—
nees et abusrves des ressources biologiques. Il demande que soit trouvé, dans le
