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BIODÏVERSITE ET ENVIRONNEMENT
arbres pour se chauffer et cuire leurs aliments ? Même dans les pays riches, on
hésite à interdire la surexploitation de ressources naturelles...
Si le rythme de destruction imposé est supérieur à celui du renouvellement
biologique, la biodiversité se réduit ; l’environnement s’en trouve affecté, en
même temps que les ressources génétiques qui permettent à toutes les espèces, à
l’homme en particulier, de s’adapter aux changements. Dans les cas extrêmes
les écosystèmes détruits ne se reconstituent pas et les espèces qui y étaient
inféodées disparaissent. Cette évolution laisse effectivement présager une catas—
trophe écologique affectant aussi bien le milieu que les êtres vivants, mais
l’échéance reste imprécise. Trois questions se trouvent ainsi posées :
La première concerne l’évaluation des rythmes : sommes—nous bien dans
une situation de déséquilibre ? Quand et à partir de quel seuil en jugerons nous
les effets néfastes ? La seconde interrogation porte sur la composition et la
qualité du monde qui se prépare : imagine—t—on son fonctionnement entretenu
seulement par l’homme, les microorganismes et les invertébrés ‘? Prépare—t—on
une biosphère dont les forêts et les grands animaux terrestres et marins auraient
disparu ? Enfin, troisième question, saura—t—on imaginer et conduire des
modèles de développement assurant à peu près le maintien des équilibres
actuels de la biosphère ou léguera—t—on aux générations futures une planète à
l’évolution incertaine ?
Le rêve d’un retour à un passé où l’homme et la nature auraient vécu en har—
monie et en équilibre ne résiste pas aux constats et aux prévisions : l’humanité,
qui comptait quelque 1,5 milliards d’individus en 1900, approche aujourd’hui
de 6 milliards, et son effectif pourrait doubler d’ici à 2050.
DIFFERENTES PER€EPTÏÛNS
Les réactions en réponse aux questions soulevées à propos de la biodiversité
sont fort diverses. En simplifiant, on peut reconnaître quatre types de perception
et donc de motivation dans l’expression d’une opinion, dans la prise d’une déci—
sion et dans l’action.
L Perception culturelle
Selon les sociétés et selon les individus, les autres êtres vivants sont perçus
soit comme extérieurs au monde des hommes, soit comme en continuité avec
l’humain. En règle générale, le modèle culturel européen établit une distinction
claire entre l’humain et les autres formes vivantes. On conserve cependant à ces
dernières un respect certain car elles constituent à la fois une ressource et un
élément du cadre de vie. En conséquence, la société cherche à tâtons un com—
promis entre d’une part son développement démographique et économique
assorti d’une perte de biodiversité, et d’autre part la conservation d’un patri—
moine biologique.
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