CHAPITRE IV
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<< On ne s’occupe de biodiversité que parce que l’idée de sa disparition fait
peur ». Cette boutade pourrait expliquer l’intérêt relativement récent que la
société porte aux ressources biologiques, intérêt dont il est utile de préciser la
signification et les limites. S’agit—il de chercher à travers les déclarations d’une
conférence internationale, une issue apparente, dans un domaine particulier, à
l’opposition entre pauvres et riches, ou est—on vraiment à la veille d’une catas—
trophe biologique qui irait jusqu’à menacer l’espèce humaine ?
ËNÇER'ËE'ËËIÜES EE MENACES
La science biologique a mis en évidence deux phénomènes : les espèces
apparaissent et s’éteignent au cours de l’évolution et ce renouvellement s’effec—
tue au rythme des millions d’années. A une échelle de temps plus proche de la
durée de la vie humaine, une espèce nouvellement introduite dans un écosystème peut en quelques générations éliminer une de celles qui y résidaient et
assurer globalement les mêmes fonctions. “Le monde biologique est l’objet
d’une perpétuelle transformation. Figer la biosphère dans son état actuel ou
retourner aux situations passées ne sont que des utopies. Tout montre que pour
l’avenir proche plusieurs évolutions sont envisageables. Certaines peuvent
convenir à la société, d’autres sont perçues comme des menaces, soit qu’elles
laissent entrevoir la régression (et peut—être la disparition) de la vie sur terre,
soit qu’elles dessinent un monde qui ne satisfait pas à nos idéaux et nos critères.
Agissant depuis peu, mais de façon très significative, sur le rapport entre appa—
rition et extinction d’espèces en un lieu donné, l’homme est à l’origine de trans—
formations accélérées sans être en mesure d’en apprécier clairement les consé—
quences... Pour faire face à la croissance démographique et soutenir le
développement économique, il lui faut mobiliser des espaces
et des ressources
qu’utilisaient auparavant d’autres êtres vivants. Ainsi les castors ont disparu des
petits afuents de la Seine au Sud de Paris... Ce mouvement
à l’échelle plane—
taire paraît irrépressible. Qui pourrait blâmer les habitants des pays les morns
développés de défricher des terres inoccupées pour se nourrir et de couper des
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