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BIODIVERSITÉ ET ENVIRONNEMENT ___—m
de questions sur les échelles de temps, sur le rôle de la durée de vie et du patri—
moine génétique des individus dans l’aptitude à engendrer de nouvelles espèces
et sur l’inuence de la fragmentation des habitats dans l’accélération de la spé—
ciation. L’analyse des domaines insulaires ou des populations isolées mérite
d’être reprise aujourd’hui sous ces aspects nouveaux.
L’étude des relations entre individus d’espèces différentes et de leurs rôles
dans un écosystème est essentiellement le domaine de l’écologie et de l’étholo—
gie. Celles ci ont un fondement génétique : la nature et la diversité des patri—
moines héréditaires représentés localement contribuent au fonctionnement de
l’ensemble d’une communauté d’êtres vivants. Apprécier cette composante
génétique est le plus souvent difficile. Nos connaissances en la matière sont
limitées car les caractères étudiés sont complexes, mais elles permettent d’abor—
der certaines questions. On peut ainsi se demander si la diversité génétique des
hôtes implique celle de leurs parasites ; de la même manière, on souhaite pouvoir évaluer le coût de l’entretien de la diversité génétique d’une espèce et le
comparer au bénéfice du potentiel d’adaptation éventuel que cela apporte, etc.
Les questions de ce type sont nombreuses ; outre leur intérêt propre, elles illus—
trent la convergence actuelle des démarches de l’écologie et de la génétique.
ËË@dËV@E“SËËÉ et érosystémea
Un organisme exprime, de façon variée selon les conditions, son aptitude à
survivre, à exploiter les ressources disponibles et à donner une descendance.
Les mêmes propriétés peuvent être attribuées à des populations et a des espèces.
Ceci tient certainement au fait que tous les niveaux d’organisation, de l’ADN à
l’organisme, sont hiérarchisés et emboités : s’appliquant à l’individu, la sélection agit indirectement sur les molécules qui le constituent. Par contre, il n’est
pas du tout évident que les communautés ou les écosystèmes obéissent aux
mêmes lois. Le fait pour deux populations d’une même espèce d’être placées
dans deux communautés ou deux écosystèmes différents crée en effet un pro—
blème nouveau : la connaissance de l’évolution de l’une dans son milieu ne per—
met pas systématiquement de prédire avec certitude celle de l’autre là où elle est
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placée. Ces niveaux supérieurs d’organisation du vivant ont des caractéristiques
propres que leur confère leur complexité. Si l’évolution de la diversité à
l’échelle de l’espèce est aujourd’hui expliquée de façon satisfaisante (théorie
néo—Darwinienne), il n’en est pas de même à des niveaux taxinomiques plus
élevés (évolution des familles et des genres). Pour ces raisons, on s’interroge
sur l’origine et le maintien de la diversité des espèces dans les écosystèmes, sur
son rôle écologique et sur la vitesse des changements qui l’affectent. Les écologues ont décomposé ce vaste problème en une série de questions portant sur la
structure des communautés, les relations trophiques et les niches. Ils ont ainsi
développé
une approche globale de l’organisation et du devenir de la biodivers1té.
2.1.
STRUCTURE DES COMMUNAUTÉS - RELATIONS TROPHIQUES
Une façon de concevoir l’organisation d’une communauté est de considérer
qu’elle résulte du rassemblement en un lieu des êtres vivants que le hasard a
amenés là. A cela s’oppose une théorie selon laquelle il s’est établi entre ces
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