--.
Les milieux continentaux
53
fine de l’ADN chromosomique pour constater qu’existe pourtant à ce niveau un
potentiel mutationnel important. L’homogénéité génétique de l’espèce …à un
moment donné n’est que la conséquence des processus qu’elle utilise pour se
multiplier et se disperser (effets fondateurs, etc.).
,
,
A l’opposé, des espèces très polymorphes peuVent se révéler très fragiles.
C’est le cas de celles qui'sont confinées par la sélection, parfois depuis des
dizaines de millions d’années, dans des habitats particuliers. Elles ont à l’évi—
dence eu l’occasion d’accumuler de la diversité génétique et pourtant n’ont pas
développé l’aptitude à exploiter des niches différentes ; c’est le cas de mol—
lusques comme les tridacnes. On peut penser que globalement, en dépit d’une
certaine variation, ces organismes ne doivent leur survie qu’à l’existence conti—
nue du milieu qui leur est favorable. Ces exemples indiquent que la présence
d’une espèce n’est pas uniquement conditionnée par l’étendue de sa diversité
génétique apparente à un moment donné, mais aussi par la capacité d’évolution
de son génome, la nature des processus qu’elle a développés pour se multiplier
et le hasard des modifications environnementales.
A ce jour, nous ne pouvons prédire dans quel type de situation se trouve une
population ou une espèce que l’on souhaite étudier: nous savons la décrire, mais
nous manquons souvent d’informations quantitatives qui permettent d’identifier
les déterminants majeurs et d’évaluer le stade actuel, la direction et les
échéances de son évolution. Toute une recherche est à conduire sur la démogra—
phie (variation d’effectifs, durée de vie des individus, système de reproduction,
vieillissement, migration…) Elle vise à caractériser le potentiel d’adaptation du
patrimoine et de la variation génétique pour savoir à partir de quel seuil de
réduction des effectifs et de la diversité l’extinction est probable. On connait
ainsi des espèces animales (fourmis) ou végétales (thym) organisées en popula—
tions génétiquement différenciées et installées dans des sites différents. Un
même site peut voir vivre et disparaître une population et être recolonisé par des
individus venus d’ailleurs. Une espèce qui s’entretient selon ce régime est
’
moins sensible à la fragmentation de l’habitat qu’une autre qui n’aurait pas les
mêmes aptitudes à la propagation. Les exemples peuvent ainsi être multipliés.
Si l’on dispose donc d’un corps de questions et d’hypothèses pour analyser une
situation inconnue, dans chaque cas l’analyse est à faire car nous ne disposons
pas de règles générales.
'
3) Les mêmes réexions peuvent être développées à propos des écosystèmes.
A ce niveau de complexité supérieure, la richesse spécifique d’un ensemble est
une bonne assurance du maintien de l’activité et de la pérennité de celui—ci en
dépit de variations environnementales. Lorsque plusieurs espèces peuvent rem—
plir des fonctions semblables, la substitution de l’une à l’autre n’affecte pas la
vie d’une communauté. Il n’en reste pas moins qu’en réponse aux changements,
le milieu se modifie. Dans un premier temps, ce sont les relations qu’entretien—
nent entre elles des populations d’espèces différentes qui évoluent. A plus long
terme, la spéciation amplifie et scelle les transformations.
La théorie de'l’évolution rend compte de la spéciation mais elle ne prédit ni
les échelles de temps ni les conditions. A cause des perturbations profondes
et
rapides imposées par l’homme, nous avons pourtant besoin de _sav01r comment
la nature va répondre et si de nouvelles espèces sont susceptibles d’emerger.
Seul un nouveau progrès de connaissance donnera les réponses à un ensemble
Précédent

- 54/90

Suivant