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BIODIVERSlTE ET ENVIRONNEMENT
sent par exemple à l’occasion de la reproduction sexuée chez îes organismes
multicellulaires, ou de la conjugaison chez les bactéries) donnent aux individus
l’occasion de brasser les patrimoines génétiques de leurs ascendants, de compo—
ser à partir des allèles disponibles des combinaisons qui n’étaient pas apparues
dans le processus de réplication. La variation génétique potentielle qui en
résulte est considérable. Par exemple, pour un génome humain qui comporte
quelques 3.109 paires de nucléotides, le répertoire possible des modifications de
séquence est infiniment plus élevé que le nombre total des habitants de la pla—
nète. Ainsi, pour l’homme comme pour toutes les espèces, chaque individu se
trouve posséder une combinaison génétique unique qui naît et meurt avec lui.
A un instant donné, la diversité génétique présente dans un ensemble d’indi—
vidus (population, espèce) est le fruit du hasard qui a présidé à l’apparition de
mutations et aux échanges génétiques, de la multiplication qui transmet les
gènes de génération en génération et maintient les caractéristiques de l’espèce,
de la sélection qui favorise les allèles les mieux adaptés àla survie et àla multi—
plication, des migrations qui ont rassemblé le groupe considéré. La variation
génétique constitue ainsi un fondement de la diversité biologique.
.
Pour comprendre comment a émergé la diversité biologique observée, il faut
savoir comment l’environnement agit sur cette variation permanente. Nous dis—
posons pour cela d’un ensemble d’interprétations de situations bien connues et
d’hypothèses concernant les mécanismes, qui constituent un corps théorique
mais demandent à être mises à l’épreuve par des recherches :
l) La mutation est une propriété du vivant. Ce processus crée de nouveaux
allèles dont la nature est indépendante du milieu dans lequel l’organisme est
placé. Echanges, recombinaisons et brassages génétiques, essentiellement à
l’occasion de la reproduction sexuée, produisent à partir de ce matériel une mul—
titude de génotypes variés. La sélection trie dans cette diversité qui apparaît en
permanence. Il est concevable que des transformations de l’environnement
puissent moduler l’aptitude à muter, mais ceci n’est pas démontré. Une telle
intervention sur l’évolution biologique à sa source peut avoir contribué à l’his—
toire dela diversité dans le passé et mérite d’être prise en considération, mainte—
nant que l’homme perturbe rapidement et profondément les milieux.
2) Constituant une sorte de réserve, la diversité génétique d’une population
ou d’une espèce est généralement considérée comme une assurance vis—à—ViS
des transformations du milieu : si toutes les structures génétiques présentes ne
sont pas aptes à supporter une perturbation ou une pression de sélection nou—
velle, certaines y feront face et constitueront le noyau à partir duquel la popula—
tion ou l’espèce survivra. Certaines cultures paysannes d’autrefois avaient bien
pris conscience de cet avantage à long terme et prônaient la culture de mélanges
de variétés (haricot) et d’espèces (méteil) plutôt que de variétés pures. A
l’inverse, les agriculteurs d’aujourd’hui, qui cultivent à grande échelle une
variété choisie pour ses spécificités, prennent le risque de voir l’ensemble de
leur production disparaître sous l’attaque inattendue d’un parasite qui y serait
adapté.
Cependant certaines espèces peuvent présenter peu de diversité génétique
apparente et av01r un potentiel adaptatif important qui leur permet de se perpé—
tuer et de reconquérir les milieux changeants. Ainsi chez les abeilles observe—t—
on très peu de variation allélique dans les gènes codant pour les protéines qui
assurent le fonctionnement de l’organisme et il a fallu l’analyse moléculaire
BIODIVERSlTE ET ENVIRONNEMENT
sent par exemple à l’occasion de la reproduction sexuée chez îes organismes
multicellulaires, ou de la conjugaison chez les bactéries) donnent aux individus
l’occasion de brasser les patrimoines génétiques de leurs ascendants, de compo—
ser à partir des allèles disponibles des combinaisons qui n’étaient pas apparues
dans le processus de réplication. La variation génétique potentielle qui en
résulte est considérable. Par exemple, pour un génome humain qui comporte
quelques 3.109 paires de nucléotides, le répertoire possible des modifications de
séquence est infiniment plus élevé que le nombre total des habitants de la pla—
nète. Ainsi, pour l’homme comme pour toutes les espèces, chaque individu se
trouve posséder une combinaison génétique unique qui naît et meurt avec lui.
A un instant donné, la diversité génétique présente dans un ensemble d’indi—
vidus (population, espèce) est le fruit du hasard qui a présidé à l’apparition de
mutations et aux échanges génétiques, de la multiplication qui transmet les
gènes de génération en génération et maintient les caractéristiques de l’espèce,
de la sélection qui favorise les allèles les mieux adaptés àla survie et àla multi—
plication, des migrations qui ont rassemblé le groupe considéré. La variation
génétique constitue ainsi un fondement de la diversité biologique.
.
Pour comprendre comment a émergé la diversité biologique observée, il faut
savoir comment l’environnement agit sur cette variation permanente. Nous dis—
posons pour cela d’un ensemble d’interprétations de situations bien connues et
d’hypothèses concernant les mécanismes, qui constituent un corps théorique
mais demandent à être mises à l’épreuve par des recherches :
l) La mutation est une propriété du vivant. Ce processus crée de nouveaux
allèles dont la nature est indépendante du milieu dans lequel l’organisme est
placé. Echanges, recombinaisons et brassages génétiques, essentiellement à
l’occasion de la reproduction sexuée, produisent à partir de ce matériel une mul—
titude de génotypes variés. La sélection trie dans cette diversité qui apparaît en
permanence. Il est concevable que des transformations de l’environnement
puissent moduler l’aptitude à muter, mais ceci n’est pas démontré. Une telle
intervention sur l’évolution biologique à sa source peut avoir contribué à l’his—
toire dela diversité dans le passé et mérite d’être prise en considération, mainte—
nant que l’homme perturbe rapidement et profondément les milieux.
2) Constituant une sorte de réserve, la diversité génétique d’une population
ou d’une espèce est généralement considérée comme une assurance vis—à—ViS
des transformations du milieu : si toutes les structures génétiques présentes ne
sont pas aptes à supporter une perturbation ou une pression de sélection nou—
velle, certaines y feront face et constitueront le noyau à partir duquel la popula—
tion ou l’espèce survivra. Certaines cultures paysannes d’autrefois avaient bien
pris conscience de cet avantage à long terme et prônaient la culture de mélanges
de variétés (haricot) et d’espèces (méteil) plutôt que de variétés pures. A
l’inverse, les agriculteurs d’aujourd’hui, qui cultivent à grande échelle une
variété choisie pour ses spécificités, prennent le risque de voir l’ensemble de
leur production disparaître sous l’attaque inattendue d’un parasite qui y serait
adapté.
Cependant certaines espèces peuvent présenter peu de diversité génétique
apparente et av01r un potentiel adaptatif important qui leur permet de se perpé—
tuer et de reconquérir les milieux changeants. Ainsi chez les abeilles observe—t—
on très peu de variation allélique dans les gènes codant pour les protéines qui
assurent le fonctionnement de l’organisme et il a fallu l’analyse moléculaire
