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BIODNERSITÊ ET ENVIRONNEMENT
est actuellement perceptible dans le public et on peut espérer que les consom—
mateurs retrouveront la curiosité puis la compétence qui assureront un débou—
ché à des producteurs qui développeront qualité et originalité en utilisant-au
mieux la diversité des variétés. Le marché, qui a globalement poussé à l’unifor—
mité, peut parfaitement concourir à la promotion de la biodiversité. Tout un
effort d’enseignement et d’organisation en matière de goût, de production et de
distribution est à faire. Pour le moment, face à l’érosion génétique sur le terrain,
des vergers dits « conservatoires >> ont été constitués par des individus, des asso—
ciations d’amateurs et des laboratoires. Ces acteurs variés ont en commun de ne
pas réduire leur vision de l’avenir au bénéfice à court terme, de promouvoir une
idée originale de la relation de l’homme au vivant et de savoir que les res?
sources génétiques permettent de répondre à l’évolution des besoins et des
situations. Cela dit, le coût et la complexité d’évaluation et de gestion de ces
collections sont tels que la pérennité de celles—ci est très incertaine pour les
espèces sans grand intérêt économique ou celles qui intéressent uniquement des
pays pauvres. C’est d’ailleurs là un thème de réexion et de coopération inter—
nationale institutionnelle de premier plan qui dépasse les espèces fruitières et
s’étend à toutes les plantes cultivées. En effet, la multitude des cultivars locaux
et des espèces sauvages apparentées qui sert de réservoir de diversité aux sélec—
tiormeurs est répartie de façon très variée dans le monde. Ceci impose à l’avenir
des recherches et des échanges touj
actifs et coordonnés entre pays.
Les exemples qui viennent d’être présentés ne donnent cependant qu’une
représentation incomplète de la question de l’avenir de la biodiversité dans les
milieux terrestres. Pour être exhaustif, il faudrait envisager une multitude de
situations et de problèmes particuliers d’envergure différente selon les lieux et
les espèces.
Le temps est le premier facteur à considérer : les prélèvements effectués
par l’homme dans les ressources biologiques peuvent engendrer des pertes définitives (en deux siècles environ tous les dodos de l’île Maurice ont été capturés
et mangés), mais il n’en est pas toujours ainsi. La vitesse d’exploitation des res—
sources peut être en effet compensée par le renouvellement biologique naturel
(qui demande souvent de longues années) ou par une action délibérée de gestion
mise en oeuvre par l’homme (qui est généralement mieux adaptée).
Le second facteur important est l’ampleur des stocks, leur diversité géné—
tique propre et la dimension de l’espace sur lequel l’exploitation de la ressource
biologique intervient. Les effets des prélèvements seront différents selon qu’ils
s’exercent sur des petites populations peu diversifiées confinées dans des territoires restreints (exemple de La Réunion) ou sur des multitudes variées instal—
lées sur l’ensemble d’un continent (l’Afrique, l’Europe).
Enfin la perception de la valeur de la ressource par la société est le troi—
sième facteur essentiel. Bien que ceci mérite une présentation approfondie qui
apparaîtra dans le chapitre suivant, il est important de souligner ici que l’inté—
ressement intellectuel et pécunier du citoyen moyen n’est pas le même pour
les
espèces domestiques et pour les espèces sauvages, pour les grands mammifères
et pour les vers ou les algues cavemicoles...
—
En pratique, chaque problème mérite une analyse spécifique et une démarche
appropriée. Dans une revue générale, on rencontre à la fois des situations de
catastrophe (espèces ou races en train de disparaitre sans espoir d’être sauvées),
BIODNERSITÊ ET ENVIRONNEMENT
est actuellement perceptible dans le public et on peut espérer que les consom—
mateurs retrouveront la curiosité puis la compétence qui assureront un débou—
ché à des producteurs qui développeront qualité et originalité en utilisant-au
mieux la diversité des variétés. Le marché, qui a globalement poussé à l’unifor—
mité, peut parfaitement concourir à la promotion de la biodiversité. Tout un
effort d’enseignement et d’organisation en matière de goût, de production et de
distribution est à faire. Pour le moment, face à l’érosion génétique sur le terrain,
des vergers dits « conservatoires >> ont été constitués par des individus, des asso—
ciations d’amateurs et des laboratoires. Ces acteurs variés ont en commun de ne
pas réduire leur vision de l’avenir au bénéfice à court terme, de promouvoir une
idée originale de la relation de l’homme au vivant et de savoir que les res?
sources génétiques permettent de répondre à l’évolution des besoins et des
situations. Cela dit, le coût et la complexité d’évaluation et de gestion de ces
collections sont tels que la pérennité de celles—ci est très incertaine pour les
espèces sans grand intérêt économique ou celles qui intéressent uniquement des
pays pauvres. C’est d’ailleurs là un thème de réexion et de coopération inter—
nationale institutionnelle de premier plan qui dépasse les espèces fruitières et
s’étend à toutes les plantes cultivées. En effet, la multitude des cultivars locaux
et des espèces sauvages apparentées qui sert de réservoir de diversité aux sélec—
tiormeurs est répartie de façon très variée dans le monde. Ceci impose à l’avenir
des recherches et des échanges touj
actifs et coordonnés entre pays.
Les exemples qui viennent d’être présentés ne donnent cependant qu’une
représentation incomplète de la question de l’avenir de la biodiversité dans les
milieux terrestres. Pour être exhaustif, il faudrait envisager une multitude de
situations et de problèmes particuliers d’envergure différente selon les lieux et
les espèces.
Le temps est le premier facteur à considérer : les prélèvements effectués
par l’homme dans les ressources biologiques peuvent engendrer des pertes définitives (en deux siècles environ tous les dodos de l’île Maurice ont été capturés
et mangés), mais il n’en est pas toujours ainsi. La vitesse d’exploitation des res—
sources peut être en effet compensée par le renouvellement biologique naturel
(qui demande souvent de longues années) ou par une action délibérée de gestion
mise en oeuvre par l’homme (qui est généralement mieux adaptée).
Le second facteur important est l’ampleur des stocks, leur diversité géné—
tique propre et la dimension de l’espace sur lequel l’exploitation de la ressource
biologique intervient. Les effets des prélèvements seront différents selon qu’ils
s’exercent sur des petites populations peu diversifiées confinées dans des territoires restreints (exemple de La Réunion) ou sur des multitudes variées instal—
lées sur l’ensemble d’un continent (l’Afrique, l’Europe).
Enfin la perception de la valeur de la ressource par la société est le troi—
sième facteur essentiel. Bien que ceci mérite une présentation approfondie qui
apparaîtra dans le chapitre suivant, il est important de souligner ici que l’inté—
ressement intellectuel et pécunier du citoyen moyen n’est pas le même pour
les
espèces domestiques et pour les espèces sauvages, pour les grands mammifères
et pour les vers ou les algues cavemicoles...
—
En pratique, chaque problème mérite une analyse spécifique et une démarche
appropriée. Dans une revue générale, on rencontre à la fois des situations de
catastrophe (espèces ou races en train de disparaitre sans espoir d’être sauvées),
