Les milieux continentaux
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sont attachés fait peser des incertitudes sur l’avenir d’activités économiques et
sur la permanence de l’occupation d’une partie du territoire. La modification du
lit des rivières pour tenter de maîtriser les inondations, produire l’énergie élec—
trique, faciliter les développements industriels et urbains a éliminé certaines
espèces de poissons (les salmonidés par exemple) ou de plantes (disparition ou
hybridations intempestives des bouquets de Peuplier noir naturels notamment).
Elle a favorisé parfois l’installation d’espèces étrangères qui, en l’absence des
régulations qui contrôlent leur multiplication dans leur milieu d’origine,
peuvent être de redoutables envahisseurs ou au contraire d’utiles recrues *.
L’abondance des efuents chargés en azote ou autres éléments, conséquence
directe de l’utilisation d’engrais et des rejets industriels ou urbains, conduit à
‘
l’eutrophisation des lacs ou des réservoirs et à l’accroissement de la teneur en
nitrate des nappes phréatiques. Le développement de pratiques agricoles inten—
sives a homogénéisé et ouvert les paysages, et réduit la diversité biologique sau—
vage ; il a diminué le nombre d’espèces en culture chacune étant représentée
seulement par quelques variétés très homogènes (blé), et promu l’élevage d’ani—
maux tous du même type (bovins). Il est clair que la diversité des espèces sau—
vages a parallèlement été considérablement réduite. Les cas médiatisés de
l’Ours des Pyrénées ou du Lynx du Jura en sont des exemples.
Pour les espèces cultivées, la question mérite un peu plus d’attention. Il est vrai
que la diversité génétique du blé sur une parcelle de culture en Beauce est très
faible. Mais la variété en question résulte d’un travail de recherche et de multipli—
cation mené à partir de collections soigneusement conservées et systématique—
ment enrichies par les généticiens et les sélectionneurs. Le blé cultivé ne repré—
sente qu’un échantillon, certes multiplié sur de grandes surfaces, d’une diversité
considérable qui est étudiée, caractérisée, gérée, enrichie, conservée dans les col—
lections des laboratoires et exploitée par les améliorateurs de plantes. La diversité
n’est donc plus maintenue par les agriculteurs, mais elle est protégée par ailleurs
et elle reste bien un facteur permanent d’adaptation. En d’autres termes, aucune
menace grave ne pèse immédiatement ni sur le blé ni sur les espèces de valeur
économique et stratégique reconnue. La situation n’est cependant pas toujours
aussi favorable. Il arrive que, pour des raisons d’économie budgétaire, la société
abandonne l’effort de conservation des ressources génétiques et laisse aller à la
dérive des espèces considérées comme secondaires (sainfoin, phléole,…).
La situation des arbres fruitiers illustre les multiples aspects de la pression
exercée par l’homme. Au début de ce siècle, il y avait en France un grand
nombre de variétés de pommiers, poiriers, etc., présentant des capacités d’adap—
tation auX conditions locales et des qualités d’utilisations fort diverses. Sous la
pression des marchés, qui ont poussé à la normalisation
des lots et a la
baisse
des prix , les agriculteurs ont spécialisé
et intensif1é leurs productions.
En
conséquence, le nombre des variétés en culture a diminue ainSi que la diversité
des produits susceptibles d’être offerts au consommateur.
De plus
en plus eloigné physiquement et culturellement des réalités agricoles par urbanisation,
celui—ci a en grande partie perdu la capac1té_
et la pOSSlblllt€ de
d’orienter ainsi les producteurs.
Cette évolution vers un confort banalise
a
entrainé un appauvrissement
culturel et une instabilité economique
et sociale
(poussée très loin elle entraînerait aussi une modification de
la palettede
la
diversité biologique disponible).
Un changement
des mentalités et des attitudes
*
Sans entrer dans un exposé approfondi, l’apparition dans l’agriculture et l’industrie d’organismes
transgéniques pose des problèmes semblables et provoque un debat ties Vlf dans la soc1ete actuelle.
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