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QUELQUES GRANDS PROJETS
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Il est évident qu’une telle entreprise ne peut être l’affaire d’un seul
toire, ni d’une seule institution. La dimension même du monde marin et sa î
continuité, quelles que soient les frontières et les limites définissant les eaux ter—
ritoriales ou les zones de pêche, impose ‘un effort international. L’état et l’évo—
lution de la biodiversité marine justifient quelques grands programmes dans les—
quels l’effort de recherche et de gestion doit être partagé avec d’autres pays.
Le premier programme devrait concerner l’Atlantique proche, la Manche et
la Mer du Nord. Nous disposons d’une quantité considérable de connaissances
concernant cet ensemble géographique. Des modélisations de fonctionnement
d’écosystèmes particuliers à l’intérieur de cet ensemble existent. Les problèmes
d’évolution de la biodiversité peuvent donc être suivis avec pertinence et la
démarche peut être prédictive. En réussissant la gestion de leurs stocks de pois—
sons, les Norvégiens ont montré l’exemple et apporté la preuve que la combinaison d’un savoir biologique, d’une perspective politique claire et de
l’application effective de mesures de contrôle
les ressources
biologiques. Les riverains européens de l’Atlantique, de la Manche et de la Mer
du Nord, dont la France, seraient bien inspirés de mettre en oeuvre un pro—
gramme semblable qui associe recherche et gestion, et de Veiller rigoureuse.ment à ce que les règlements de pêche, de circulation et de chargement des
navires ne restent pas lettre morte (il n’est pas suffisant de s’inquiéter de biodi—
versité et de pêche, alors que n’importe quel conteneur chargé de produits hau—
tement toxiques, pesticides ou autres, peut être transporté n’importe comment et
se déverser dans la mer).
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Un second programme concernerait la Mer
Les mêmes pro—
blèmes généraux s’y posent. La dégradation des écosystèmes est encore plus
prononcée et la pollution plus importante. La responsabilité des riverains est
aussi clairement engagée. L’urgence ne fait pas de doute et des actions ont été
entreprises. Elles doivent être renforcées significativement, alors que les diffi—
cultés économiques et sociales auxquelles les pays de la côte Sud ont à faire
face rendent encore plus pressante et pesante la tâche qui incombe, par nécessité
et par solidarité, à ceux de la rive Nord.
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Enfin la France devrait s’intéresser fortement à la biodiversité marine
du
Pacifique et des régions Australes. Les problèmes de pêche et de pollution s’y
posent aussi, quoique peut—être avec moins d’acuité et ces zones ont
un intéret
essentiel. On y trouve d’abord une extraordinaire richesse biologique qui reste
largement à explorer. Elles jouent ensuite par leur étendue un1‘ole primordial
dans le fonctionnement global de la biosphère (cycles b10géoch1m1ques, tempe—
rature, pluviométrie et vents…), si bien que leur
étude permet d’analyser
des
transformations climatiques majeures ainsi que leurs conséquences biologiques
(El Niño, la dégénérescence des écosystèmes coralliens, etc.). Certains pi'0jets
sont dès maintenant efficacement mis en oeuvre, d’autres méntera1ent plus
d’efforts. La France a'besoin au plan national de soutenir plus déhberement
ce
qui se fait et de développer l’action dans les domaines en attente.
Au plan
inter—
national les structures existent, la France doit mieux y afnner sa presence
et
accroître sa contribution.
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