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BIODIVERSH‘É ET ENVIRONNEMENT
bactéries qui sortent avec
patients disparaissent dans la foule immense des
bactéries de l’extérieur. Il reste que les spécificités et les pressions de sélection
de la niche hospitalière comparées à celles de la ville sont très mal définies,‘ que
les échanges entre les deux compartiments existent sans que les ux efficaces
soient connus, que la richesse de chacun des deux réservoirs ne l’est
non
plus et enfin qu’il pourrait bien exister d’autres compartiments...
,
.
.
2. Le cortège miembêea äe Ë’Ëomme
et des animaux
Depuis plusieurs années, l’obtention d’animaux axéniques a stimulé le pm£
grès des connaissances sur la colonisation par étapes du tractus digestif et
démontré la contribution de la ore microbienne à de nombreuses fonctions
physiologiques des mammifères (dégradation des stéroïdes, des sels biliaires…).
Il est évident aujourd’hui que nombre d’espèces bactériennes entretiennent une
relation étroite avec l’hôte, dépendent pour leur prolifération des sécrétions de
l’épithélium intestinal, établissent une protection en entrant en compétition avec
d’autres bactéries éventuellement pathogènes et stimulent le système immuni—g
taire mucosal. Ces situations peuvent constituer de bons exemples de coévoluæ
tion de l’hôte eucaryote pluricellulaire et de microorganismes unicellulaires,
L’ensemble constitue un écosystème complexe relevant des démarches de
l’écologie et de l’épidémiologie. Son fonctionnement dépend de la diversité
microbienne ; ainsi, des bactéries productrices de toxines (clostridies) dont les
sécrétions entraînent des colites, sont détruites par l’administration orale d’antiè
biotiques. Les Pseudomonas
,
qui ne font pas habituellement partie de cette
l,{}à
ore mais que l’alimentation amène, trouvent ainsi des niches écologiques
vides. Ils peuvent s’y installer et induire de nouvelles pathologies. Par ailleurs,
l’homme se défend aussi des bactéries de l’intestin en sécrétant des anticorps
(contre Vibrio cholerae par exemple). Certaines espèces (Salmonella) ont
contourné cette défense. Elles pénètrent dans les cellules de l’hôte pour se prO—
tèger du système immunitaire mucosal, franchir la barrière intestinale et se dis…L3Ï Ÿ
perser dans le milieu intérieur. Le patient envoie trop tard des irmnunoglobines
dans la lumière de l’intestin où elles ne sont plus utiles pour sa défense !
j ' Â
Dans le même ordre d’idée, l’écOsystème intestinal est susceptible de se
modifier, parfois profondément, en réponse aux variations environnementales,
Celles—ci peuvent provenir soit de l’hôte “dont la rép0nse à des stress divers
modifie l’activité physiologique, soit du régime alimentaire (la diversité micro-Î
bienne
du rumen des bovins se modifie quand “l’animal passe de la pâture a une
‘
alimentation aux tourteaux et aux grains). A Ce jour, quelques situations ont fait
…
l’objet d’analyses souvent inachevées. Chez l’homme, dont la société moderne
transforme rapidement 1’ alimentation, on est peu informé de cette évolution et il
est difficile d’en prévoir les conséquences. Chez lesvolailles, des antibiotiques
sont
introduits systématiquement dans l’alimentation pour régulariser et armé?
horer la production. L’impact de cette pratique sur la génération de résistances
et sur la
chaine alimentaire
reste cependant inconnu à grande échelle. En bref,
Ï
nous disposons aujourd’hui d’une écologie microbienne fragmentaire et plutôt
descriptive. La
même situation prévaut pour l’écosystème bronchique ou celui
des vores urinaires et génitales...
'-
BIODIVERSH‘É ET ENVIRONNEMENT
bactéries qui sortent avec
patients disparaissent dans la foule immense des
bactéries de l’extérieur. Il reste que les spécificités et les pressions de sélection
de la niche hospitalière comparées à celles de la ville sont très mal définies,‘ que
les échanges entre les deux compartiments existent sans que les ux efficaces
soient connus, que la richesse de chacun des deux réservoirs ne l’est
non
plus et enfin qu’il pourrait bien exister d’autres compartiments...
,
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2. Le cortège miembêea äe Ë’Ëomme
et des animaux
Depuis plusieurs années, l’obtention d’animaux axéniques a stimulé le pm£
grès des connaissances sur la colonisation par étapes du tractus digestif et
démontré la contribution de la ore microbienne à de nombreuses fonctions
physiologiques des mammifères (dégradation des stéroïdes, des sels biliaires…).
Il est évident aujourd’hui que nombre d’espèces bactériennes entretiennent une
relation étroite avec l’hôte, dépendent pour leur prolifération des sécrétions de
l’épithélium intestinal, établissent une protection en entrant en compétition avec
d’autres bactéries éventuellement pathogènes et stimulent le système immuni—g
taire mucosal. Ces situations peuvent constituer de bons exemples de coévoluæ
tion de l’hôte eucaryote pluricellulaire et de microorganismes unicellulaires,
L’ensemble constitue un écosystème complexe relevant des démarches de
l’écologie et de l’épidémiologie. Son fonctionnement dépend de la diversité
microbienne ; ainsi, des bactéries productrices de toxines (clostridies) dont les
sécrétions entraînent des colites, sont détruites par l’administration orale d’antiè
biotiques. Les Pseudomonas
,
qui ne font pas habituellement partie de cette
l,{}à
ore mais que l’alimentation amène, trouvent ainsi des niches écologiques
vides. Ils peuvent s’y installer et induire de nouvelles pathologies. Par ailleurs,
l’homme se défend aussi des bactéries de l’intestin en sécrétant des anticorps
(contre Vibrio cholerae par exemple). Certaines espèces (Salmonella) ont
contourné cette défense. Elles pénètrent dans les cellules de l’hôte pour se prO—
tèger du système immunitaire mucosal, franchir la barrière intestinale et se dis…L3Ï Ÿ
perser dans le milieu intérieur. Le patient envoie trop tard des irmnunoglobines
dans la lumière de l’intestin où elles ne sont plus utiles pour sa défense !
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Dans le même ordre d’idée, l’écOsystème intestinal est susceptible de se
modifier, parfois profondément, en réponse aux variations environnementales,
Celles—ci peuvent provenir soit de l’hôte “dont la rép0nse à des stress divers
modifie l’activité physiologique, soit du régime alimentaire (la diversité micro-Î
bienne
du rumen des bovins se modifie quand “l’animal passe de la pâture a une
‘
alimentation aux tourteaux et aux grains). A Ce jour, quelques situations ont fait
…
l’objet d’analyses souvent inachevées. Chez l’homme, dont la société moderne
transforme rapidement 1’ alimentation, on est peu informé de cette évolution et il
est difficile d’en prévoir les conséquences. Chez lesvolailles, des antibiotiques
sont
introduits systématiquement dans l’alimentation pour régulariser et armé?
horer la production. L’impact de cette pratique sur la génération de résistances
et sur la
chaine alimentaire
reste cependant inconnu à grande échelle. En bref,
Ï
nous disposons aujourd’hui d’une écologie microbienne fragmentaire et plutôt
descriptive. La
même situation prévaut pour l’écosystème bronchique ou celui
des vores urinaires et génitales...
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