Les microorganismes
33
?.
et gaeræsêääsmeä
eËrez Ë"Ëmmme et Ëes animaux
Les recherches actuelles visent à comprendre les mécanismes moléculaires
en jeu dans des situations évoquées plus haut, où un microorganisme parasite et
pathogène contourne les défenses immunitaires de l’hôte en changeant ses pro—
téines de surface, anticipant la production d’anticorps (paludisme de l’homme,
babésiose des bovins). Si les stratégies vaccinales élémentaires d’immunisation
préventive ne peuvent pas être envisagées, on imagine d’autres tactiques de
lutte en remplacement ou en appui d’un traitement pharmacologique antiparasi—
taire. Il reste que pour ces systèmes qui sont parmi les mieux connus, on est
encore loin d’avoir fait le tour des différents mécanismes élaborés par diverses
espèces parasites et d’avoir une évaluation de l’origine de la variation intraspé—
cifique comme de l’évolution de la relation réciproque entre l’homme (ou l’ani—
mal), le parasite et éventuellement les vecteurs ou hôtes secondaires.
L’utilisation des antibiotiques antibactériens et des vaccins antiviraux (cas du
polyome ou de la variole) est certainement une des plus spectaculaires et effi—
caces interventions de l’homme pour éliminer des microorganismes. L’appari—
tion de bactéries résistantes aux B lactames (pénicillines en particulier) a induit
un abondant développement de connaissances sur le déterminisme du caractère
de sensibilité ou de résistance. De ces études sont issues de nouvelles informa—
tions sur les génomes bactériens et leur plasticité : aptitude aux remaniements
produisant des répétitions de séquences, insertion et excision d’éléments trans—
posables, entretien de plasmides en nombres de copies variables mais contrôlés.
Outre une compréhension plus profonde des caractères étudiés, ces situations
remettent en question chez les bactéries la notion classique de l’espèce basée
sur l’homogénéité d’un groupe pour un ensemble de critères morphologiques et
fonctionnels et une absence d’échanges génétiques avec les autres groupes. A
une identification et une classification absolues et non ambigües viennent
s’ajouter des observations d’échanges génétiques variés, dits horizontaux. Ils
peuvent porter sur des plasmides (ceux qui confèrent la résistance aux lactames
peuvent potentiellement être échangés par la majorité des bactéries Gram” et
passant même chez certaines espèces Gram+), sur des opérons entiers ou des
éléments transposables transmis de chromosome à chromosome entre espèces
différentes. Si la fréquence de tels échanges n’est pas élevée, l’absence d’éva—
luation précise et le manque de connaissance sur leurs mécanismes et leur sensi—
bilité aux effets environnementaux posent des questions sur leur rôle dans
l’évolution de la biodiversité microbienne. On peut même se demander si de
tels échanges pourraient intervenir avec l’homme : des transferts génétiques
entre les souches vaccinales et le patient seraient—ils envisageables ?…
Le niveau des mécanismes moléculaires n’est certainement pas le seul où se
gère la biodiversité microbienne. Les infections spécifiques des milieux hospi—
taliers attestent par exemple de la nécessité d’une recherche épidémiologique
et
écosystémique. En ce qui concerne les microorganismes,
la soc1ete urbaine
actuelle est composée de compa1timents discrets. L’hôpital en
est un : la diver—
sité du cortège bactérien infectieux de l’homme y est dlff6t6lltô
de celle que
l’on rencontre ailleurs en ville (souches portant
différentes rés1stances à divers
antibiotiques). Apparemment, l’hôpital est un système clos.
entrée,
le
patient est confronté à des risques auxquels il n’est pas prepare. Cela d1t, les
33
?.
et gaeræsêääsmeä
eËrez Ë"Ëmmme et Ëes animaux
Les recherches actuelles visent à comprendre les mécanismes moléculaires
en jeu dans des situations évoquées plus haut, où un microorganisme parasite et
pathogène contourne les défenses immunitaires de l’hôte en changeant ses pro—
téines de surface, anticipant la production d’anticorps (paludisme de l’homme,
babésiose des bovins). Si les stratégies vaccinales élémentaires d’immunisation
préventive ne peuvent pas être envisagées, on imagine d’autres tactiques de
lutte en remplacement ou en appui d’un traitement pharmacologique antiparasi—
taire. Il reste que pour ces systèmes qui sont parmi les mieux connus, on est
encore loin d’avoir fait le tour des différents mécanismes élaborés par diverses
espèces parasites et d’avoir une évaluation de l’origine de la variation intraspé—
cifique comme de l’évolution de la relation réciproque entre l’homme (ou l’ani—
mal), le parasite et éventuellement les vecteurs ou hôtes secondaires.
L’utilisation des antibiotiques antibactériens et des vaccins antiviraux (cas du
polyome ou de la variole) est certainement une des plus spectaculaires et effi—
caces interventions de l’homme pour éliminer des microorganismes. L’appari—
tion de bactéries résistantes aux B lactames (pénicillines en particulier) a induit
un abondant développement de connaissances sur le déterminisme du caractère
de sensibilité ou de résistance. De ces études sont issues de nouvelles informa—
tions sur les génomes bactériens et leur plasticité : aptitude aux remaniements
produisant des répétitions de séquences, insertion et excision d’éléments trans—
posables, entretien de plasmides en nombres de copies variables mais contrôlés.
Outre une compréhension plus profonde des caractères étudiés, ces situations
remettent en question chez les bactéries la notion classique de l’espèce basée
sur l’homogénéité d’un groupe pour un ensemble de critères morphologiques et
fonctionnels et une absence d’échanges génétiques avec les autres groupes. A
une identification et une classification absolues et non ambigües viennent
s’ajouter des observations d’échanges génétiques variés, dits horizontaux. Ils
peuvent porter sur des plasmides (ceux qui confèrent la résistance aux lactames
peuvent potentiellement être échangés par la majorité des bactéries Gram” et
passant même chez certaines espèces Gram+), sur des opérons entiers ou des
éléments transposables transmis de chromosome à chromosome entre espèces
différentes. Si la fréquence de tels échanges n’est pas élevée, l’absence d’éva—
luation précise et le manque de connaissance sur leurs mécanismes et leur sensi—
bilité aux effets environnementaux posent des questions sur leur rôle dans
l’évolution de la biodiversité microbienne. On peut même se demander si de
tels échanges pourraient intervenir avec l’homme : des transferts génétiques
entre les souches vaccinales et le patient seraient—ils envisageables ?…
Le niveau des mécanismes moléculaires n’est certainement pas le seul où se
gère la biodiversité microbienne. Les infections spécifiques des milieux hospi—
taliers attestent par exemple de la nécessité d’une recherche épidémiologique
et
écosystémique. En ce qui concerne les microorganismes,
la soc1ete urbaine
actuelle est composée de compa1timents discrets. L’hôpital en
est un : la diver—
sité du cortège bactérien infectieux de l’homme y est dlff6t6lltô
de celle que
l’on rencontre ailleurs en ville (souches portant
différentes rés1stances à divers
antibiotiques). Apparemment, l’hôpital est un système clos.
entrée,
le
patient est confronté à des risques auxquels il n’est pas prepare. Cela d1t, les
