——————————————_—_—__ Inz‘roduction
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régresser sous l’effet des brûlis systématiques suivis de plantations de pin
d’Alep. Cette corrélation entre activités humaines et réduction de la biodiversité
est impressionnante.
L’homme met—il en danger par son activité envahissante la vie sur la pla—
nète ? L’histoire des peuplements de l’île de La Réunion apporte quelque éclai—
rage sur ce point. L’intérêt de cette île est qu’elle est suffisamment petite pour
avoir été étudiée de façon très précise, que les évènements humains qui s’y sont
déroulés sont parfaitement datés et que la diversité de ses milieux permet
d’avoir une vue assez large des effets des uctuations de la biodiversité. Depuis
son émersion, il y a quelques 2,5 millions d’années, La Réunion a été le lieu
d’une colonisation et d’une évolution biologique originale. Lorsqu’au dix—hui—
tième et au dix—neuvième siècles la ore et la faune ont été décrites de façon
détaillée, 750 espèces végétales ont été répertoriées. Un tiers d’entre elles
étaient inconnues dans le reste du monde. Leur distribution permettaient de
reconnaître cinq types principaux de milieux : la zone d’altitude, la forêt semisèche, la forêt pluviale de basse altitude, la forêt de montagne, la forêt à Acacia.
Ce paysage complexe était en perpétuelle recomposition à cause de son renou—
vellement intrinsèque et des perturbations naturelles (cyclones, volcanisme). La
biodiversité existante paraissait principalement entretenue grâce aux capacités
de dissémination et d’installation des différentes espèces. Une sorte d’équilibre
dynamique avait mis 2,5 millions d’années à s’installer mais l’homme en était
absent.
A la fin du dix—septième siècle et,surtout au dix—huitième, les installations
humaines deviennent permanentes et importantes. L’activité de chasse, de
cueillette, d’exploitation des arbres, de développement de plantations prend de
l’ampleur. Les animaux et les végétaux aisés à chasser et à récolter sont systé—
matiquement exploités. Le pays est déboisé, fragmenté, cultivé. En consé—
quence certaines espèces végétales, en petit nombre, (une douzaine) ont dis—
paru, d’autres (une cinquantaine) sont devenues très rares, réduites à quelques
individus isolés ou à des populations si petites que la reproduction n’est plus
assurée. Globalement, la biodiversité qui existait avant l’installation de
l’homme a diminué. Ainsi, sans que leur survie soit menacée à court terme, les
forêts pluviales de basse altitude n’occupent plus que trois centièmes de la sur—
face qui était la leur au dix—septièm‘e siècle. Les autres écosystèmes forestiers
ont aussi régressé bien que de façon moins importante. Parallèlement à cette
évolution, des espèces étrangères « intéressantes » ont été introduites, d’autres
sont arrivées clandestinement et la biodiversité générale de l’île a augmenté.
Après trois siècles de ce régime nouveau, le bilan est impressionnant. Pour les
Végétaux, au moins 1 100 espèces d’origine extérieure peuvent être détectées,
450 se sont naturalisées et 60 sont si envahissantes qu’elles ont modifié les peu—
plements. Certes on reconnaît toujours les cinq grands types de milieux mais
leur accompagnement vivant n’est plus le même. Cette modification affecte
aussi leur capacité à s’entretenir par renouvellement dans le temps car si la bio—
diversité originelle permettait par succession d’espèces de régénérer l’écosys—
tème après une violente perturbation naturelle, la plupart des nouvelles arrivées
qui ont remplacé les résidentes ne se sont intégrées dans aucun cortège ou ont
modifié les successions naturelles. En conséquence, les communautés actuelles
incapables de se reconstituer sont àla merci des catastrophes naturelles. L’effet
est amplifié en particulier par la disparition d’espèces animales frug1vores qui
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régresser sous l’effet des brûlis systématiques suivis de plantations de pin
d’Alep. Cette corrélation entre activités humaines et réduction de la biodiversité
est impressionnante.
L’homme met—il en danger par son activité envahissante la vie sur la pla—
nète ? L’histoire des peuplements de l’île de La Réunion apporte quelque éclai—
rage sur ce point. L’intérêt de cette île est qu’elle est suffisamment petite pour
avoir été étudiée de façon très précise, que les évènements humains qui s’y sont
déroulés sont parfaitement datés et que la diversité de ses milieux permet
d’avoir une vue assez large des effets des uctuations de la biodiversité. Depuis
son émersion, il y a quelques 2,5 millions d’années, La Réunion a été le lieu
d’une colonisation et d’une évolution biologique originale. Lorsqu’au dix—hui—
tième et au dix—neuvième siècles la ore et la faune ont été décrites de façon
détaillée, 750 espèces végétales ont été répertoriées. Un tiers d’entre elles
étaient inconnues dans le reste du monde. Leur distribution permettaient de
reconnaître cinq types principaux de milieux : la zone d’altitude, la forêt semisèche, la forêt pluviale de basse altitude, la forêt de montagne, la forêt à Acacia.
Ce paysage complexe était en perpétuelle recomposition à cause de son renou—
vellement intrinsèque et des perturbations naturelles (cyclones, volcanisme). La
biodiversité existante paraissait principalement entretenue grâce aux capacités
de dissémination et d’installation des différentes espèces. Une sorte d’équilibre
dynamique avait mis 2,5 millions d’années à s’installer mais l’homme en était
absent.
A la fin du dix—septième siècle et,surtout au dix—huitième, les installations
humaines deviennent permanentes et importantes. L’activité de chasse, de
cueillette, d’exploitation des arbres, de développement de plantations prend de
l’ampleur. Les animaux et les végétaux aisés à chasser et à récolter sont systé—
matiquement exploités. Le pays est déboisé, fragmenté, cultivé. En consé—
quence certaines espèces végétales, en petit nombre, (une douzaine) ont dis—
paru, d’autres (une cinquantaine) sont devenues très rares, réduites à quelques
individus isolés ou à des populations si petites que la reproduction n’est plus
assurée. Globalement, la biodiversité qui existait avant l’installation de
l’homme a diminué. Ainsi, sans que leur survie soit menacée à court terme, les
forêts pluviales de basse altitude n’occupent plus que trois centièmes de la sur—
face qui était la leur au dix—septièm‘e siècle. Les autres écosystèmes forestiers
ont aussi régressé bien que de façon moins importante. Parallèlement à cette
évolution, des espèces étrangères « intéressantes » ont été introduites, d’autres
sont arrivées clandestinement et la biodiversité générale de l’île a augmenté.
Après trois siècles de ce régime nouveau, le bilan est impressionnant. Pour les
Végétaux, au moins 1 100 espèces d’origine extérieure peuvent être détectées,
450 se sont naturalisées et 60 sont si envahissantes qu’elles ont modifié les peu—
plements. Certes on reconnaît toujours les cinq grands types de milieux mais
leur accompagnement vivant n’est plus le même. Cette modification affecte
aussi leur capacité à s’entretenir par renouvellement dans le temps car si la bio—
diversité originelle permettait par succession d’espèces de régénérer l’écosys—
tème après une violente perturbation naturelle, la plupart des nouvelles arrivées
qui ont remplacé les résidentes ne se sont intégrées dans aucun cortège ou ont
modifié les successions naturelles. En conséquence, les communautés actuelles
incapables de se reconstituer sont àla merci des catastrophes naturelles. L’effet
est amplifié en particulier par la disparition d’espèces animales frug1vores qui
