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BIODIVERSITË ET ENVIRONNEMENT
Le nombre total d’espèces approcherait plusieurs dizaines de millions. Encore
ne s’agit—il là que du répertoire actuel des succès de la vie. En effet, une autre
caractéristique essentielle du vivant est son aptitude au renouvellement. Si cer—
'
taines espèces paraissent s’être perpétuées sans changement majeur au cours
ÏÏ
des temps géologiques, les paléontologistes estiment que la durée moyenne de
,
vie de la majorité est de l’ordre de quelques millions d’années. Depuis l’appari—
tion de la vie sur terre, il y a environ 3,5 milliards d’années, un nombre considé—
'
rable de formes vivantes se sont donc succédées, nombre très supérieur à celui
:
des formes actuelles. Cette évolution a accompagné d’amples bouleversements
géologiques et climatiques, témoignant d’une extraordinaire capacité d’adapta—
_
tion à de nouveaux environnements.
Tableau 1
.
Nombre des espèces vivantes recensées en 1991
,
Virus
5 000
Bactéries
5 000
Protoctistes (protozoaires, algues unicellulaires.
.
.)
30 000
Cryptogames (champignons, fougères. . .)
174 000
Plantes
250 000
invertébrés
990 000
'
_
Vertébrés
45 000
Remarque : Le rapport moyen entre le nombre d’espèces connues et le nombre
d’espèces restant à identifier est évalué à 20 %. Il varie considérablement, passant de
quelque 4 % chez les virus à 10 % chez les bactéries, 67 % chez les algues et presque
100 % chez les mammifères.
,
La diversité biologique se manifeste à tous les niveaux d’organisation du
vivant : des molécules et des gènes àla cellule et à l’organisme,des populations
-
et des communautés aux écosystèmes, aux paysages et àla biosphère. Son étude
offre aux différentes disciplines scientifiques une occasion exceptionnelle de
coopérer et de s’enrichir mutuellement. De l’intégration de leurs apports naît
une connaissance synthétique qui facilite notamment l’appréhension des questions complexes de l’application : le chemin qui conduit de la découverte à son,
exploitation devient moins long et se parcourt parfois sans discontinuité Au fur
et à mesure que s’élaborait le cOrps de la systématique, deux constatations se
sont imposées : d’une part l’environnement conditionne l’organisation de la
biodiversité et les changements naturels du milieu physicochimique la modi—
fient. D’autre part les activités humaines sont susceptibles de transformer radicalement et rapidement le cortège des êtres vivant en un lieu.
—
_
L’action de l’homme peut être brutale et définitive (Hannibal fut un des der—
niers
à utiliser les petits éléphants d’Afrique du Nord) ou bien plus discrète. Il
arrive
même que l’environnement « naturel » ne soit apparemment pas immé—
'
dratement bouleversé par les transformations qui lui sont appliquées : la végéta—
tion de feurllus-qui recouvrait les régions méditerranéennes et dont le chêne
pubescent était le représentant a résisté plusieurs milliers d’années avant de
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