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Introduonetr
La vie connaît sur la terre un succès attesté par la présence dans les milieux
les plus divers de nombreux êtres vivants. La multiplicité de leurs formes et de
leurs aptitudes s’observe particulièrement à l’occasion de la colonisation d’un
espace vierge : coulée de lave, tranchée dans la roche, émergence d’une nou—
velle source chaude sur un fond marin. On y constate une succession d’êtres qui
s’installent, transforment le site, créent les conditions de l’implantation de nou—
velles espèces, etc. Ce défilé d’habitants conduit avec le temps et selon les
conditions à la constitution d’écosystèmes relativement simples comme ceux
des zones désertiques ou glacées, ou très riches et complexes comme ceux que
l’on rencontre dans certaines régions tropicales qui n’ont pas subi de perturba—
tions géologiques, climatiques ou anthropiques radicales au cours de millions
d’années (les forêts en particulier). La qualité et la quantité des êtres vivant sur
un territoire fondent sa biodiversité; Cette notion intègre la diversité génétique
intraspécifique, la multiplicité des espèces et l’abondance relative de chacune,
la variété de leur organisation en écosystèmes différents et la complexité des
relations entre ces écosystèmes. Ce foisonnement est exploité par les sociétés
humaines comme par les communautés animales et végétales. Il constitue une
composante essentielle de l’environnement et du paysage et fait l’objet d’émer—
veillement poétique et de réexion métaphysique. Pour beaucoup de sociétés
traditionnelles, l’homme fait partie de la nature et les relations au monde sont
vécues à l’intérieur des relations sociales : il y a en même temps perception de
la diversité des êtres et de la continuité du vivant. Avec la modernité, une cou—
pure entre nature et culture s’est instaurée ; est apparue alors la volonté de
décrire le monde vivant, de le comprendre et de le maîtriser. Actuellement, cette
évolution prend une dimension nouvelle qui est inquiétante : la croissance
démographique des sociétés humaines bouleverse leurs relations avec les autres
espèces et le stock des ressources biologiques ne. paraît plus inépuisable ;
l’homme redécouvre sa solidarité avec son environnement. La protection de la
biodiversité prend place dans les préoccupations des citoyens et des Etats.
De tous temps les hommes ont cherché à établir des classifications pour
décrire le monde vivant. Un progrès décisif a été accompli lorsqu’à la suite de
Linné (1707—1778) la notion d’espèce a été utilisée pour cette mise en ordre. A
ce jour, on en a identifié plus d’un million (tableau 1 ). S’il est raisonnable de
penser que nous connaissons tous les grands mammifères, nous sommes
loin
d’avoir répertorié tous les insectes et moins encore tous les microorganismes.
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La vie connaît sur la terre un succès attesté par la présence dans les milieux
les plus divers de nombreux êtres vivants. La multiplicité de leurs formes et de
leurs aptitudes s’observe particulièrement à l’occasion de la colonisation d’un
espace vierge : coulée de lave, tranchée dans la roche, émergence d’une nou—
velle source chaude sur un fond marin. On y constate une succession d’êtres qui
s’installent, transforment le site, créent les conditions de l’implantation de nou—
velles espèces, etc. Ce défilé d’habitants conduit avec le temps et selon les
conditions à la constitution d’écosystèmes relativement simples comme ceux
des zones désertiques ou glacées, ou très riches et complexes comme ceux que
l’on rencontre dans certaines régions tropicales qui n’ont pas subi de perturba—
tions géologiques, climatiques ou anthropiques radicales au cours de millions
d’années (les forêts en particulier). La qualité et la quantité des êtres vivant sur
un territoire fondent sa biodiversité; Cette notion intègre la diversité génétique
intraspécifique, la multiplicité des espèces et l’abondance relative de chacune,
la variété de leur organisation en écosystèmes différents et la complexité des
relations entre ces écosystèmes. Ce foisonnement est exploité par les sociétés
humaines comme par les communautés animales et végétales. Il constitue une
composante essentielle de l’environnement et du paysage et fait l’objet d’émer—
veillement poétique et de réexion métaphysique. Pour beaucoup de sociétés
traditionnelles, l’homme fait partie de la nature et les relations au monde sont
vécues à l’intérieur des relations sociales : il y a en même temps perception de
la diversité des êtres et de la continuité du vivant. Avec la modernité, une cou—
pure entre nature et culture s’est instaurée ; est apparue alors la volonté de
décrire le monde vivant, de le comprendre et de le maîtriser. Actuellement, cette
évolution prend une dimension nouvelle qui est inquiétante : la croissance
démographique des sociétés humaines bouleverse leurs relations avec les autres
espèces et le stock des ressources biologiques ne. paraît plus inépuisable ;
l’homme redécouvre sa solidarité avec son environnement. La protection de la
biodiversité prend place dans les préoccupations des citoyens et des Etats.
De tous temps les hommes ont cherché à établir des classifications pour
décrire le monde vivant. Un progrès décisif a été accompli lorsqu’à la suite de
Linné (1707—1778) la notion d’espèce a été utilisée pour cette mise en ordre. A
ce jour, on en a identifié plus d’un million (tableau 1 ). S’il est raisonnable de
penser que nous connaissons tous les grands mammifères, nous sommes
loin
d’avoir répertorié tous les insectes et moins encore tous les microorganismes.
