ÉVOL UTlON DE LA PLA TE-FORME CONTINENTALE
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b) La «progradation » des plate—formes continentales (g. 111.6).
Le terme «progradation», proposé par les auteurs anglo—saxons, exprime
l’idée de progression vers le large de la plate—forme continentale par accrétion
frontale du talus sédimentaire. L’organisation des couches et des séquences
<< progradantes » permet de reconstituer certains mécanismes de la sédimentation :
10 Le pendage apparent des couches progradantes est toujours conforme
au sens des apports. Mais leur inclinaison dépend de la nature des dépôts (pente
d’équilibre) et de la hauteur du talus frontal (sa stabilité).
2° Les progradations obliques (g. 111.6.A) sont tronquées à leur sommet
par une surface d’érosion ou de non—dépôt. Elles impliquent un milieu de haute
énergie, au moins sur la plate—forme proprement dite. Les progradations
sigmoïdes (g. 111.6.B) sont constituées de couches frontales inclinées qui se
prolongent vers le haut par des couches horizontales. Elles se forment dans un
milieu de basse énergie (sans érosion).
3° L’apparition des congurations sigmoïdes ou obliques dépend de la
subsidence de la marge, comme s’il existait un niveau de stabilité des particules
(H de la fig. 111.6) en dessous duquel l’affaissement du fond sous—marin permet
aux particules de se déposer.
4° Les séquences sigmo‘ides et obliques sont souvent superposées et séparées
par des surfaces d’érosion ou de non—dépôt (conguration .s‘ign70i‘de—ob/z‘que).
Ce dispositif résulte des variations d’épaisseur de la tranche d’eau : un
approfondissement a pour effet de piéger les sédiments sur la plate-forme
inondée (dépôt de couches horizontales dans un milieu de faible énergie). Au
contraire, la progradation frontale devient prédominante lorsque l’épaisseur
de la tranche d’eau diminue sur la plate-forme, ce qui provoque un accrois—
sement de l’énergie du milieu et la remise en mouvement (l’érosion) des
sédiments déposés antérieurement.
_
oA
H
9
H
:’—’—’_’_’_’_LSIi
G
WWW/WW
G
MODELE1
_
_
MODELE 2
Frs. 111.6. — La «progradation des plate-formes continentales. H : profondeur d'eau
correspondant a la limite de stabilité LS des particules sédimentaires. G : diminution
de
la
taille des
particules sédimentaires. A : conguration oblique;
B : conguration segmoide.
5° L’ampleur de la progradation dépend aussi de la quantité de sédiments
fournis à la plate—forme continentale. Si aucun flux détritique important ne la
traverse. soit parce que le continent n’est pas érodé. soit parce que ce flux est
détourné vers le glacis par les canyons sous-marins (tj/É 4. p. 57). la progradation est lente ou nulle : la pente continentale n’est alors revêtue que par un
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