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EVOLUTION DES MARGES STABLES
ou
organogènes). La contribution la plus importante à cette sédimentation
d’origine biologique est celle du bent/205. Les algues et les animaux vivant en
symbiose avec des algues, comme les coraux des récifs, abondent dans les régions
les moins profondes (de 0 à —— 50 m ou — 100 m, selon la transparence de l’eau).
Les Mollusques, les Echinodermes, les Bryozoaires, les Brachiopodes, etc. se
rencontrent à toute profondeur, jusque sur le haut de la pente continentale. Sous
les climats chauds et tempérés, cette activité aboutit à la production de sédiments
carbonatés (principalement calcaires) ; sous climat froid, l’équilibre chimique
carbonate insoluble—bicarbonate soluble est déplacé, la formation de calcaire est
gênée, et la sédimentation biogène devient plutôt siliceuse {formation de
diatomites, par exemple).
—
Les particules sédimentaires résiduelles ont une tout autre origine : elles
sont produites par l’érosion sous—marine, c’est—à—dire le remaniement de roches (y
compris, bien sûr, des sédiments meubles) formées dans des conditions différentes
de celles qui sont établies actuellement. Les terrains ainsi érodés peuvent être
anciens (par exemple, un calcaire aleurant sur le plateau continental est
progressivement détruit), ou plus récents (par exemple, une formation meuble
déposée au cours d’une régression quaternaire est facilement remaniée. La
plupart des plateaux continentaux de l’Atlantique nord sont recouverts de tels
dépôts résiduels, qui témoignent des retraits de la mer et des climats froids au
Pléistocène).
Les sédiments résiduels les plus typiques sont précisément ceux qui sont
produits par le remaniement de formations continentales au début des transgressions. Les alluvions, les épandages périglaciaires, les moraines ou les dunes
éoliennes, mis en place pendant une période d’émersion de la plate—forme
continentale, sont plus ou moins repris par la mer lorsque celle-ci envahit à
nouveau son ancien domaine, et deviennent les classiques << conglomérats de
base » par lesquels débute la presque totalité des cycles sédimentaires nériti—
ques
—
Les sédiments détritiques sont produits au contraire par les actions
subaériennes : érosion et accumulation littorales, éoliennes, ou uviatiles, etc.
Ainsi se déposent, par exemple, des pélites plus ou moins calcaires (qui
deviennent ensuite des marnes) ou des sables siliceux, selon l’énergie hydrodyna—
mique du milieu.
—
Les sédiments authigènes (phosphorites, glauconites, etc.), enn, sont
néoformés sur le fond aux dépens (en partie ou en totalité) de substances
dissoutes dans l’eau de mer.
Quelle que soit leur origine, ces divers sédiments sont généralement très
mobi/es. La plate—forme continentale est un lieu de haute énergie hydrodynamique. Selon les cas agissent, de façon privilégiée, les courants de marée, les
courants dus à la houle et, sur le rebord du plateau, les ondes internes. Si bien que
les sédiments néritiques sont en général sableux, plus rarement pélitiques. Si le
plateau n’est pas subsident (cas des marges ayant atteint leur maturité), ils
forment une nappe en voie de déplacement vers la pente continentale.
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