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Chapitre IV : Résultats et discussions
IV-3.2. Etude des biotes :
Pour la présente étude, on a choisi trois poissons demersaux parmi les plus abondants dans la pêche
chalutière algérienne et parmi les plus appréciés par les consommateurs. Ces poissons avec
d’autres, comme il a été démontré dans plusieurs études, peuvent accumuler des ETM à des
concentrations supérieures à celles présentes dans leurs environnements (Tahiri et al., 2005; Dehn
et al., 2006 ; Prudente et al., 1997; Kucuksezgin et al., 2001; Lewis et al., 2002 ; Canli et Atli,
2003 ; Usero et al., 2003, Yilmaz, 2003 ; Henry et al., 2004; Andreji et al., 2005; Bird et al., 2008
et Pierron et al., 2008). Ces poissons, qui ont été échantillonnés au niveau de cinq sites : baie
d’Alger, baie de Bou-Ismail, golfe d’Arzew, baie de Beni Saf et golfe de Ghazaouet, ont fait l’objet
de dosage de quatre métaux : le mercure (Hg), le zinc (Zn), le nickel (Ni) et le cuivre (Cu) dans
trois organes différents qui sont le muscle, le foie et les gonades.
Le choix de ces trois organes est justifié du fait que le tissu musculaire est la partie comestible et
par conséquence c’est le vecteur principal de la contamination métallique. Cependant, le foie et
les gonades sont les plus primordiaux de point de vue toxicologique en raison de leur rôle clef dans
les phénomènes de métabolisation et d’accumulation. Ces trois organes, en plus des branchies,
sont généralement les plus utilisés pour le dosage des ETM dans les poissons. Ainsi, l'analyse des
concentrations des ETM dans les tissus de poissons constitue un aspect très important pour la
compréhension de leur état de santé et doit prendre en compte l'influence de la taille, du sexe, de
l'âge et même de la saison (Di bella et al., 2006 ; Baudin et al., 2007; Bawuro et al., 2018).
En effet, l’influence de la taille, du sexe et de la composition biochimique de chacun des trois
organes étudiés et même celle des sites d’échantillonnage est prise en considération.
IV-3.2.1. Variations de la bioaccumulation des métaux traces :
La présente étude a permis de classer les métaux analysés selon l’ordre de leur bioaccumulation
dans les organes accumulateurs. De ce fait, le traitement statistique des résultats montre une
bioaccumulation décroissante sous l’ordre suivant : Zn ˃ Ni˃ Cu> Hg.
En général, l’ordre d’accumulation des éléments traces métalliques dans les différentes espèces de
poissons obéit à plusieurs facteurs, entre autres, le rôle joué par ces métaux dans le métabolisme
animal, leur ordre de concentration dans les sédiments et dans l’eau, les formes biodisponibles et
le temps d’exposition à ces contaminants. Le zinc, qui est un élément essentiel aux réactions
enzymatiques des organismes vivants, est retrouvé plus abondamment dans leur tissu que les
éléments toxiques tel que le mercure et le cadmium qui n’ont aucun rôle physiologique. La teneur
des métaux bioaccumulés dépend de celle dans les eaux qui, elle-même, dépend de celle dans les
sédiments qui sont des réservoirs de polluants (Yao et al., 2009 ; Chouti et al., 2010) et peuvent
représenter une source de contaminants pour les communautés biologiques qui y résident ou qui
les fréquentent (Salomons et al., 1981; Larsen and Jensen, 1989; Loring et Rantala, 1992).
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