65
L'étude biométrique confirme les résultats morphologiques ; en effet, quelques individus appartenant à
Trigla lucerna présentent une discontinuité morphométrique assez marquée au niveau de cette espèce
et peut prêter à confusion.
Il nous a été possible de séparer les différentes espèces de trigles grâce à quelques paramètres
mophométriques qui les caractérisent : la longueur de l’épine cléithrale et la taille de l’échancrure
longitudinale, permettent de séparer nettement Trigla lyra, tandis que la longueur du deuxième rayon
dur de la première nageoire dorsale caractérise Aspitrigla obscura, alors que la hauteur de la ligne
latérale permet d’identifier A.cuculus et à un degré moindre Lepidotrigla dieuzeidei et Lepidotrigla
cavillon.
Par ailleurs, l’étude de la ligne latérale et des écailles du corps et même l’étude ostéologique à elles
seules, permettent de séparer les différentes espèces ; on constate que sur un schéma d’ensemble a peu
prés identique entre les différentes espèces, certains éléments présentent quand même des
dissemblances de structures et de formes assez marquées.
 Le jugal avec l’observation macroscopique de sa portion antérieure permettant la détermination
de toutes les espèces (une clé de détermination a d’ailleurs été proposée).
 Les pariétaux en relation avec le sillon occipital permettent de différencier les espèces du genre
Lepidotrigla et la face latérale concave denticulée ou pas permet de séparer les espèces du
genre Trigla.
 Les frontaux en relation avec les épines préorbitaires permettent d’identifier T. lyra avec une
seule épine; A. obscura et L. lastovisa avec plus de 3 épines préorbitaires sont séparées par le
rapport hauteur/ largeur de ces pièces.
 L’épine cléithrale avec la longueure la plus développée pour T. lyra
 La ligne latérale et les écailles du corps permettent à elle seules de situer le problème sur le
plan systématique..
D’autre part, certains caractères morphologiques tels que le rostre, le sillon occipital, la position de
la nageoire pectorale par rapport à l’anale et le deuxième rayon de la première dorsale permettent
également de répondre à la problématique de l’identification de certaines espèces.
Une autre particularité se situe au niveau des écailles du corps, chez la même espèce, on trouve deux
types d’écailles (cycloïdes et cténoides) avec une variabilité au niveau de la forme, du nombre de radii
et de cténies ; fait assez rare, car un poisson possède en général un seul type d’écaille. Ceci laisserait
supposer que ce critère est un élément fondamental pouvant renforcer les critères utilisés dans la
position systématique de cette famille.
Pour les variations intraspécifiques concernant certaines espèces, s’agirait-il, peut être là, de
populations différentes isolées géographiquement ?
Une divergence génétique entre les groupe considérés n’est pas à écarter ; une seule étude approfondie
et un échantillonnage plus important à des niveaux différents (régions différentes) pourrait expliquer
éventuellement les variations observées ; tels sont les objectifs qu’il convient, nous semble-t-il,
d’envisager à l’avenir.
Précédent

Contribution à la systématique des Triglidae (Osteichthyens, Scrpaeniformes) du bassin Algérien: - 70/88

Suivant