Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | La Méditerranée
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Une étude de la variation temporelle du pH entre 1995 et 2011 au site DYFAMED a montré
une diminution annuelle moyenne de près de 0,003 ± 0,001 unité de pH pour les eaux de surface,
principalement à cause des concentrations croissantes en C
ant
(70 %) et de la température (30%).
La variabilité saisonnière est caractérisée par une diminution du pH durant le printemps et une
augmentation durant l’automne (Marcellin Yao et al., 2016). Une étude plus récente au niveau
du même site montre qu’entre 1995 et 2015 le pH a diminué de 0,04, soit 0,0022 unités de
pH/an (Merlivat et al., 2018). Une tendance similaire au décroissement du pH a également été
reportée pour les eaux de surface du bassin levantin (de −0,009 ± 0,004 à −0,0021 ± 0,001
unités de pH/an) (Hassoun et al., 2019).
Dans une étude récente, Goyet et al. (2016) prévois les taux d’acidification de la Méditerranée
durant les prochaines décennies, à la base de la couche de mélange. Les résultats ont montré
que le bassin occidental s’acidifierait plus rapidement que l’oriental. D’ici 2100, le pH pourrait
décroitre de -0,462 pour le bassin occidental, contre -0,457 pour le bassin oriental. Ces résultats
suggèrent que les deux bassins pourraient devenir sous-saturés en calcite et aragonite dans les
eaux profondes d’ici la fin du prochain siècle.
Yilmaz et al. (2008) estiment que le problème de l’acidification de la Méditerranée ne se
répercuterait cependant pas sur le niveau de saturation des carbonates de calcium (puisque les
eaux de cette mer sont sursaturées) mais plutôt sur la spéciation des nutriments (le degré de
limitation en phosphore devrait augmenter) et la modification de son statut trophique
(l’oligotrophie devrait augmenter) en affectant de ce fait la productivité, l’ensemble des
structures du réseau trophique ainsi que l’export du carbone.
Figure 15: Distribution de la différence de pH en Méditerranée entre la période préindustrielle et 2013
(Hassoun et al., 2015a)
Interaction physique-biogéochimie
Il a été démontré que les filaments et les tourbillons, qui s’étendent de la méso-échelle (10-100
km) à la sous-méso-échelle (1–10 km), sont non seulement des routes importantes dans le
cascading, la dissipation d’énergie dans l’océan, le transport des masses d’eau et de l’énergie
mais aussi dans la distribution des constituants chimiques et du biote par advection turbulente
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