Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | La Méditerranée
51
En outre, le rôle des MOW comme source importante de C
ant
pour l’Atlantique Nord a été bien
reconnu (Aït-Ameur et Goyet, 2006; Álvarez et al., 2005; Flecha et al., 2012; Rı ́ os et al., 2001).
Le C
ant
est stocké dans une couche dense qui à long terme affecte la circulation profonde de
l’Atlantique par rétroaction. Les résultats de Huertas et al. (2009) en utilisant la méthode de
Gruber (C*), corroborent ces observations et démontrent explicitement que ce processus
exacerbe également l’accumulation du C
ant
en Méditerranée (flux entrant de 4,20 ± 0,04
TgC/an) puisque cette dernière joue également un rôle fondamental dans la capture du carbone
anthropique de l’Atlantique. Merlivat et al. (2018) estiment la contribution des eaux atlantiques
à 17 ± 10 %, ce qui est compris entre les estimations de Schneider et al. (2010) et Palmiéri et
al. (2015) (10 et 25 % respectivement).
Etat d’acidification de la Méditerranée
Dans les eaux de surface de l’océan mondial, le pH atteint une valeur de 8,27 ± 0,3, gouvernée
principalement par la température de surface et par les upwellings qui apportent des eaux
profondes riches en CO2 (The Royal Society, 2005). Depuis l’ère industrielle une diminution
du pH de près de 0,1 unités de pH a été observée dans la couche de surface de l’océan
(équivalente à une augmentation des [H
+
] de 30 % ; (Orr et al., 2005)). D’ici la fin du siècle, le
modèle de Caldeira et Wickett (2003) prévoit une accélération de l’acidification avec une
diminution de 0,3 à 0,4 unité de pH.
Le niveau d’acidification de la Méditerranée a été pendant longtemps mal connu du fait du
manque de données sur la distribution du TCO2 et de l’AT. Néanmoins, cette acidification est
supposée assez élevée du fait des niveaux importants d’AT combinés à un facteur de Revelle
de ~ 9 pour les eaux de surface méditerranéennes, ce qui permettrait d’absorber plus de C
ant
que
l’océan ouvert (Goyet et al., 2009).
La première estimation de l’état d’acidification de la Méditerranée a été réalisée par Touratier
et Goyet (2011) pour l’année de référence 2001 (-0,14 à +0,05) avec une acidification plus
importante du bassin occidental. Pour la même année, et en utilisant un modèle régional à haute
résolution, Palmiéri et al. (2015) ont conclu que le pH de surface ne variait pas
significativement par rapport à la moyenne de l’océan mondial (malgré les concentrations
élevées d’AT) ; en profondeur, le changement du pH entre l’ère préindustrielle et 2001 a été
estimé entre -0,005 et -0,06 unités de pH.
Pour l’année de référence 2008 et en utilisant les données de la campagne BOUM, Touratier et
al. (2012) estiment l’acidification des eaux entre -0,061 et -0,148. Ce qui équivaut à dire que
toutes les eaux de la Méditerranée se sont déjà acidifiées. De même que pour l’année 2001, les
eaux du bassin oriental (surtout les eaux intermédiaires) semblent moins contaminées que celles
du bassin occidental.
En utilisant les données de la campagne MedSea (mai 2013) et en excluant la couche de
mélange hivernale, Hassoun et al. (2015a) estiment que l’acidification varie entre -0,055 et -
0,156 unité de pH (Figure 15). Néanmoins, malgré ces taux importants d’acidification, la
Méditerranée reste très sursaturée en carbonates de calcium.
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En outre, le rôle des MOW comme source importante de C
ant
pour l’Atlantique Nord a été bien
reconnu (Aït-Ameur et Goyet, 2006; Álvarez et al., 2005; Flecha et al., 2012; Rı ́ os et al., 2001).
Le C
ant
est stocké dans une couche dense qui à long terme affecte la circulation profonde de
l’Atlantique par rétroaction. Les résultats de Huertas et al. (2009) en utilisant la méthode de
Gruber (C*), corroborent ces observations et démontrent explicitement que ce processus
exacerbe également l’accumulation du C
ant
en Méditerranée (flux entrant de 4,20 ± 0,04
TgC/an) puisque cette dernière joue également un rôle fondamental dans la capture du carbone
anthropique de l’Atlantique. Merlivat et al. (2018) estiment la contribution des eaux atlantiques
à 17 ± 10 %, ce qui est compris entre les estimations de Schneider et al. (2010) et Palmiéri et
al. (2015) (10 et 25 % respectivement).
Etat d’acidification de la Méditerranée
Dans les eaux de surface de l’océan mondial, le pH atteint une valeur de 8,27 ± 0,3, gouvernée
principalement par la température de surface et par les upwellings qui apportent des eaux
profondes riches en CO2 (The Royal Society, 2005). Depuis l’ère industrielle une diminution
du pH de près de 0,1 unités de pH a été observée dans la couche de surface de l’océan
(équivalente à une augmentation des [H
+
] de 30 % ; (Orr et al., 2005)). D’ici la fin du siècle, le
modèle de Caldeira et Wickett (2003) prévoit une accélération de l’acidification avec une
diminution de 0,3 à 0,4 unité de pH.
Le niveau d’acidification de la Méditerranée a été pendant longtemps mal connu du fait du
manque de données sur la distribution du TCO2 et de l’AT. Néanmoins, cette acidification est
supposée assez élevée du fait des niveaux importants d’AT combinés à un facteur de Revelle
de ~ 9 pour les eaux de surface méditerranéennes, ce qui permettrait d’absorber plus de C
ant
que
l’océan ouvert (Goyet et al., 2009).
La première estimation de l’état d’acidification de la Méditerranée a été réalisée par Touratier
et Goyet (2011) pour l’année de référence 2001 (-0,14 à +0,05) avec une acidification plus
importante du bassin occidental. Pour la même année, et en utilisant un modèle régional à haute
résolution, Palmiéri et al. (2015) ont conclu que le pH de surface ne variait pas
significativement par rapport à la moyenne de l’océan mondial (malgré les concentrations
élevées d’AT) ; en profondeur, le changement du pH entre l’ère préindustrielle et 2001 a été
estimé entre -0,005 et -0,06 unités de pH.
Pour l’année de référence 2008 et en utilisant les données de la campagne BOUM, Touratier et
al. (2012) estiment l’acidification des eaux entre -0,061 et -0,148. Ce qui équivaut à dire que
toutes les eaux de la Méditerranée se sont déjà acidifiées. De même que pour l’année 2001, les
eaux du bassin oriental (surtout les eaux intermédiaires) semblent moins contaminées que celles
du bassin occidental.
En utilisant les données de la campagne MedSea (mai 2013) et en excluant la couche de
mélange hivernale, Hassoun et al. (2015a) estiment que l’acidification varie entre -0,055 et -
0,156 unité de pH (Figure 15). Néanmoins, malgré ces taux importants d’acidification, la
Méditerranée reste très sursaturée en carbonates de calcium.
