Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Résultats et discussions
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explication de l’absence d’anomalie dans la distribution de l’UAO aux alentours du tourbillon
à 6°E. Cette hypothèse est en accord avec les travaux de Kessouri et al. (2017, 2018) dont les
résultats de modélisation ont montré que dans les zones de convection profonde l’export du
carbone organique total en dessous de la couche euphotique (150 m) et son transfert aux eaux
profondes (800 m) est 5 à 8 fois plus important que dans les zones stratifiées. Une grande partie
de ce matériel exporté est séquestrée.
Comparaison entre les méthodes
Le calcul du C
ant
par les deux méthodes aboutit à des concentrations plus faibles en utilisant la
méthode MCM, avec une différence comprise dans la gamme d’incertitude du C
ant
(~ 10
µmol/kg) (Tableau 16).
Tableau 16 : Statistiques descriptives sur les concentrations de C
ant
calculées par les deux méthodes
testées (MCM et TrOCA) ainsi que les résultats des tests de sensibilité (sen1: Oxygène préformé;
sen2: rapports molaires; sen3 et 4: AT préformée; sen5: déséquilibre air-mer en CO2)
C
ant
TrOCA
(µmol/kg)
C
ant
MCM
(µmol/kg)
C
ant
_sen1
(µmol/kg)
C
ant
_ sen2
(µmol/kg)
C
ant
_ sen3
(µmol/kg)
C
ant
_ sen4
(µmol/kg)
C
ant
_ sen5
(µmol/kg)
Min.
61
50
46
47
50
55
40
Moy.
81
69
65
67
70
74
59
SD
4,2
5,2
5,2
5,2
5,3
5,1
5,2
Max.
115
109
105
108
111
114
100
Moy : Moyenne, Min: Minimum, Max: Maximum, SD: Standard Deviation (écart-type)
Durant les deux dernières décennies, la méthode TrOCA a montré son efficacité et a été adoptée
par plusieurs auteurs pour l’estimation du C
ant
séquestré dans l’océan mondial (e.g., Álvarez et
al., 2009; Lo Monaco et al., 2005; Vázquez-Rodríguez et al., 2009) et en Méditerranée (e.g.,
Rivaro et al., 2010; Touratier et al., 2016; Touratier et Goyet, 2009). Néanmoins, certains
auteurs suggèrent que la méthode TrOCA surestimerait les concentrations de C
ant
(e.g., Flecha
et al., 2012; Huertas et al., 2009). L’utilisation, à titre d’exemple, du même ensemble de
données (METEOR 51/2) par Schneider et al. (2010) et Touratier et Goyet (2011) a abouti à
des distributions similaires et à des estimations différentes du carbone anthropique de près de
20 µmol/kg. Ceci est le résultat direct de la méthode choisie par les auteurs : Schneider et al.
(2010) ont utilisé la distribution du temps de transit (TTD) alors que Touratier et Goyet (2011)
ont opté pour l’approche TrOCA. Selon Touratier et al. (2012), une telle incertitude dans
l’estimation du C
ant
affecte l’estimation du taux d’acidification de ± 25 %.
Plusieurs études comparatives entre les différentes méthodes d’estimation du C
ant
ont été
réalisées à l’échelle océanique (e.g., Coatanoan et al., 2001; Lo Monaco, 2006; Sabine et Feely,
2001; Touratier et al., 2007). D’une manière générale, ces études indiquent soit une
convergence ou une divergence d’un point de vue qualitatif (distribution) et/ou quantitatif
(concentration). Bizarrement, un seul exercice d’inter-comparaison a été réalisé en
Méditerranée par Touratier et al. (2012), qui ont estimé les concentrations de C
ant
sur les
données de la campagne BOUM selon deux méthodes (TrOCA et MIX). Ces méthodes ont
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