Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Résultats et discussions
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présenté des résultats très similaires, quantitativement et qualitativement, malgré leurs
hypothèses, structures et méthodes de calcul qui sont complètement différentes.
Récemment, Sabine et Tanhua (2010) ont réalisé une étude comparative critique entre les
méthodes d’estimation du carbone anthropique et ont mis en question le paramétrage de
TrOCA° et sa définition des valeurs préformées, qui se base sur des eaux profondes des océans
Pacifique Nord et Indien, non contaminées par le C
ant
. Dans ce contexte, plusieurs questions
peuvent être posées : Est-ce que le paramétrage de TrOCA°, basé sur les caractéristiques de
l’océan mondial, est applicable à la Méditerranée ? Est-ce que les eaux méditerranéennes
(salinité et alcalinités importantes) ont les mêmes caractéristiques préindustrielles que celles de
l’océan mondial ?
En utilisant un modèle de circulation océanique générale (OGCM) entre 1864 et 2004, Yool et
al. (2010) ont conclu que l’application de TrOCA, sur une base de données globale, entrainait
une erreur positive de l’inventaire d’un facteur 2, ce qui rend un paramétrage global de TrOCA
non-applicable. Selon les mêmes auteurs, sur une échelle régionale, cette erreur peut atteindre
les 50 %. Un exercice d’inter-comparaison entre plusieurs approches (∆C*, C°, TTD, TrOCA
et φC
0 T), réalisé dans l’océan Atlantique par Vázquez-Rodríguez et al. (2009), donne des
distributions spatiales et des amplitudes de C
ant
similaires pour toutes les méthodes entre les
latitudes 60°N-40°S. Une divergence des résultats est néanmoins constatée pour l’océan
Antarctique et les mers du nord. Les résultats de ces études laissent envisager que les méthodes
d’estimation du carbone anthropique ont tendance à donner des résultats similaires lorsqu’elles
sont appliquées à grande échelle (grandes étendues océaniques) et qu’elles divergent
quantitativement, voire qualitativement, pour les échelles régionales, d’où la nécessité d’une
grande vigilance quant à l’application de ces méthodes en Méditerranée.
Néanmoins, nos résultats montrent une forte corrélation entre les estimations de C
ant
réalisées
par les méthodes TrOCA et MCM, si cette dernière est paramétrée en prenant en considération
les caractéristiques de la Méditerranée. Ceci suggère que la méthode TrOCA est un bon proxy
pour l’estimation du C
ant
séquestré par la Méditerranée occidentale.
Afin d’évaluer d’un point de vue théorique ces méthodes d’estimation du C
ant
, une étude de la
tangibilité des hypothèses sur lesquelles chaque méthode est basée est réalisée. Le souci
principal de cette analyse est l’applicabilité de ces hypothèses aux conditions particulières de
notre zone d’étude : « la Méditerranée ».
Déséquilibre air-mer en CO2 (préindustriel)
La première source d’erreur dans l’utilisation de la méthode MCM est causée par l’estimation
du déséquilibre air-mer en CO2. Ce paramètre peut causer une incertitude de 10 µmol/kg, en
accord avec les résultats de Friis (2006), soit une déviation de 20 µmol/kg des estimations
réalisées par la méthode TrOCA. Les sous-saturations hivernales en Méditerranée occidentale
ont probablement augmenté avec l’augmentation des pCO2 atmosphériques (Taillandier et al.,
2012). De plus, une étude récente effectuée par Touratier et al. (2016) montre que durant la
convection des eaux profondes lors de l’hiver 2011, les eaux de surface ont agi comme source
de CO2 pour l’atmosphère, alors qu’en conditions stratifiées, elles jouent le rôle de puits de
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présenté des résultats très similaires, quantitativement et qualitativement, malgré leurs
hypothèses, structures et méthodes de calcul qui sont complètement différentes.
Récemment, Sabine et Tanhua (2010) ont réalisé une étude comparative critique entre les
méthodes d’estimation du carbone anthropique et ont mis en question le paramétrage de
TrOCA° et sa définition des valeurs préformées, qui se base sur des eaux profondes des océans
Pacifique Nord et Indien, non contaminées par le C
ant
. Dans ce contexte, plusieurs questions
peuvent être posées : Est-ce que le paramétrage de TrOCA°, basé sur les caractéristiques de
l’océan mondial, est applicable à la Méditerranée ? Est-ce que les eaux méditerranéennes
(salinité et alcalinités importantes) ont les mêmes caractéristiques préindustrielles que celles de
l’océan mondial ?
En utilisant un modèle de circulation océanique générale (OGCM) entre 1864 et 2004, Yool et
al. (2010) ont conclu que l’application de TrOCA, sur une base de données globale, entrainait
une erreur positive de l’inventaire d’un facteur 2, ce qui rend un paramétrage global de TrOCA
non-applicable. Selon les mêmes auteurs, sur une échelle régionale, cette erreur peut atteindre
les 50 %. Un exercice d’inter-comparaison entre plusieurs approches (∆C*, C°, TTD, TrOCA
et φC
0 T), réalisé dans l’océan Atlantique par Vázquez-Rodríguez et al. (2009), donne des
distributions spatiales et des amplitudes de C
ant
similaires pour toutes les méthodes entre les
latitudes 60°N-40°S. Une divergence des résultats est néanmoins constatée pour l’océan
Antarctique et les mers du nord. Les résultats de ces études laissent envisager que les méthodes
d’estimation du carbone anthropique ont tendance à donner des résultats similaires lorsqu’elles
sont appliquées à grande échelle (grandes étendues océaniques) et qu’elles divergent
quantitativement, voire qualitativement, pour les échelles régionales, d’où la nécessité d’une
grande vigilance quant à l’application de ces méthodes en Méditerranée.
Néanmoins, nos résultats montrent une forte corrélation entre les estimations de C
ant
réalisées
par les méthodes TrOCA et MCM, si cette dernière est paramétrée en prenant en considération
les caractéristiques de la Méditerranée. Ceci suggère que la méthode TrOCA est un bon proxy
pour l’estimation du C
ant
séquestré par la Méditerranée occidentale.
Afin d’évaluer d’un point de vue théorique ces méthodes d’estimation du C
ant
, une étude de la
tangibilité des hypothèses sur lesquelles chaque méthode est basée est réalisée. Le souci
principal de cette analyse est l’applicabilité de ces hypothèses aux conditions particulières de
notre zone d’étude : « la Méditerranée ».
Déséquilibre air-mer en CO2 (préindustriel)
La première source d’erreur dans l’utilisation de la méthode MCM est causée par l’estimation
du déséquilibre air-mer en CO2. Ce paramètre peut causer une incertitude de 10 µmol/kg, en
accord avec les résultats de Friis (2006), soit une déviation de 20 µmol/kg des estimations
réalisées par la méthode TrOCA. Les sous-saturations hivernales en Méditerranée occidentale
ont probablement augmenté avec l’augmentation des pCO2 atmosphériques (Taillandier et al.,
2012). De plus, une étude récente effectuée par Touratier et al. (2016) montre que durant la
convection des eaux profondes lors de l’hiver 2011, les eaux de surface ont agi comme source
de CO2 pour l’atmosphère, alors qu’en conditions stratifiées, elles jouent le rôle de puits de
