Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Résultats et discussions
110
Dans la partie ouest du bassin, les eaux intermédiaires montrent une dispersion plus importante
dans la distribution du C
ant
, avec des entités moins concentrées qui plongent jusqu’à 2000 m de
profondeur aux alentours de 3 et 4°E. Ces phénomènes sont associés à la présence d’activité à
méso-échelle. Aucun signal notable n’est observé pour l’UAO.
L’étude des tendances est-ouest et nord-sud ne révèle pas de signal significatif du C
ant
(Figure
40.a–d). Les différences de concentrations sont comprises dans l’intervalle d’incertitude des
estimations de ce paramètre. En effet, le calcul des moyennes lisse les tendances est-ouest du
bassin et masque les signaux ponctuels. Ceci voudrait dire que la pompe physique n’est pas
plus efficace dans l’ouest du bassin, où la ventilation des eaux intermédiaires est supposée plus
rapide avec la formation des WIWs.
Figure 40 : Tendance est-ouest et nord-sud des paramètres : (a, b) C
ant
MCM, (c, d) C
ant
TrOCA
Une autre anomalie est observée près de la localisation du tourbillon anticyclonique à 6°E où
des concentrations importantes de C
ant
sont observées dans deux zones caractérisées par de
fortes concentrations en TCO2 et de faibles AT (Figure 39), alors que l’oxygène ne montre pas
de signal particulier. Ceci suggère que ces entités, enrichies en C
ant
, se sont soit : 1/ détachées
du talus continental par de la turbulence à sous-méso-échelle ; 2/ ou bien entrainées rapidement
de la zone de formation d’eaux profondes (Golfe du Lion) au bassin Algérien par des vortex
anticycloniques cohérents à sous-méso-échelle (SCV : Submesoscale Coherent Vortices). De
telles structures physiques ont déjà été observées dans le bassin Algérien par Testor et Gascard
(2003) qui ont constatés que les SCVs peuvent advecter des WMDW nouvellement formées sur
de longues distances à partir de leur lieu de formation. Leur rotation induit des barrières de
transport qui réduisent drastiquement les échanges entre leur centre et les eaux avoisinantes.
Ceci les rend très efficaces dans le transport des caractéristiques des traceurs physiques et
biogéochimiques à partir de leur zone de génération (Bosse et al., 2016). Ces SCVs peuvent
interagir fortement avec les tourbillons (Testor et Gascard, 2003), ce qui pourrait être le cas à
6°E durant la campagne SOMBA.
Les eaux nouvellement formées, advectées en profondeur puis entrainées vers le bassin
Algérien pourraient être enrichies en carbone organique labile qui consomme l’oxygène par la
reminéralisation de la matière organique durant son transport. Ceci serait une éventuelle
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Dans la partie ouest du bassin, les eaux intermédiaires montrent une dispersion plus importante
dans la distribution du C
ant
, avec des entités moins concentrées qui plongent jusqu’à 2000 m de
profondeur aux alentours de 3 et 4°E. Ces phénomènes sont associés à la présence d’activité à
méso-échelle. Aucun signal notable n’est observé pour l’UAO.
L’étude des tendances est-ouest et nord-sud ne révèle pas de signal significatif du C
ant
(Figure
40.a–d). Les différences de concentrations sont comprises dans l’intervalle d’incertitude des
estimations de ce paramètre. En effet, le calcul des moyennes lisse les tendances est-ouest du
bassin et masque les signaux ponctuels. Ceci voudrait dire que la pompe physique n’est pas
plus efficace dans l’ouest du bassin, où la ventilation des eaux intermédiaires est supposée plus
rapide avec la formation des WIWs.
Figure 40 : Tendance est-ouest et nord-sud des paramètres : (a, b) C
ant
MCM, (c, d) C
ant
TrOCA
Une autre anomalie est observée près de la localisation du tourbillon anticyclonique à 6°E où
des concentrations importantes de C
ant
sont observées dans deux zones caractérisées par de
fortes concentrations en TCO2 et de faibles AT (Figure 39), alors que l’oxygène ne montre pas
de signal particulier. Ceci suggère que ces entités, enrichies en C
ant
, se sont soit : 1/ détachées
du talus continental par de la turbulence à sous-méso-échelle ; 2/ ou bien entrainées rapidement
de la zone de formation d’eaux profondes (Golfe du Lion) au bassin Algérien par des vortex
anticycloniques cohérents à sous-méso-échelle (SCV : Submesoscale Coherent Vortices). De
telles structures physiques ont déjà été observées dans le bassin Algérien par Testor et Gascard
(2003) qui ont constatés que les SCVs peuvent advecter des WMDW nouvellement formées sur
de longues distances à partir de leur lieu de formation. Leur rotation induit des barrières de
transport qui réduisent drastiquement les échanges entre leur centre et les eaux avoisinantes.
Ceci les rend très efficaces dans le transport des caractéristiques des traceurs physiques et
biogéochimiques à partir de leur zone de génération (Bosse et al., 2016). Ces SCVs peuvent
interagir fortement avec les tourbillons (Testor et Gascard, 2003), ce qui pourrait être le cas à
6°E durant la campagne SOMBA.
Les eaux nouvellement formées, advectées en profondeur puis entrainées vers le bassin
Algérien pourraient être enrichies en carbone organique labile qui consomme l’oxygène par la
reminéralisation de la matière organique durant son transport. Ceci serait une éventuelle
