47
La présence des deux espèces toxiques Alexandrium sp. et Dinophysis acuminata méritent
d'être soulignées, ce sont des espèces qui ont une répartition dans les tempérées chaudes à
froides. Ces espèces semblent élargir leurs aire de distribution et elles se trouvent
généralement dans les régions tempérées (Kudela, 2008; Ryan et al., 2008). Le changement
climatique peut faciliter l'introduction de ces espèces toxiques (Dukes et Mooney, 1999;
Vitousek et al., 1997), ce qui augmente le risque d’introduction d’espèces nocives dans les
eaux côtières méditerranéennes et algériennes.
IV.1.1 Les Dinoflagellés et le genre Alexandrium
IV.1.1.1
Les Dinoflagellés
Les Dinoflagellés constituent un groupe de phytoplancton unicellulaire eucaryote, possédant
des flagelles. Les espèces les plus toxiques font partie de ce groupe. (Zingone et Enevoldsen,
2000). Les conditions oligotrophes de la mer Méditerranée favorisent la prolifération des
dinoflagellés qui sont des organismes typiques des eaux pauvres en nutriments (Maso et
Garcés, 2006).
IV.1.1.1.a
Le genre Alexandrium
Les espèces de Dinoflagellés du genre Alexandrium comptent parmi les espèces les plus
étudiées sur le plan taxonomique, biogéographique, génétique, toxicologique, physiologique,
écologique et la gestion des risques, plusieurs études et programmes de surveillance ont été
développées afin de prévoir et gérer les efflorescences, les marées rouges et les risques
potentiels pour la santé. Actuellement, ce genre comprend 31 espèces. Plusieurs d’entre elles
ont été décrites avec des noms différents du genre tels que Gonyaulax, Protogonyaulax,
Gesmerium, Goniodoma et Pyrodinum (Fertouna, 2014).
Le pourtour méditerranéen est largement concerné par l’expansion des espèces
phytoplanctoniques invasives responsables d’efflorescences nuisibles (Penna et al., 2005;
Molnar et al., 2008). Cette espèce a provoqué un bloom à Annaba en (2002) pour la première
fois (Frehi et al., 2007), et en 2010 ou elle a provoqué une efflorescence majeure, et elle a été
signalée dans les côtes algéroises par Illoul.
L’espèce Alexandrium sp. produit des toxines paralysantes (PSP : Paralytic Shellfish Poison)
qui provoquent chez le consommateur de coquillages contaminés une intoxication dont les
effets apparaissent en moins de 30 minutes : fourmillements et picotements, engourdissement
des extrémités, vertiges et, dans les cas les plus graves, paralysie des muscles respiratoires
pouvant conduire à la mort (rare). Actuellement, il n’existe aucun traitement à ces troubles.
Les toxines s’attaquent au système nerveux de la personne qui les consomme, mais n’ont
Précédent

Inventaire des espèces introduites par les eaux de ballast et les coques des navires dans le port de Bejaia et un essai de compréhension de l’origine des espèces classées introduites au niveau de l’île Plane (Oran): - 52/77

Suivant