46
outre, compte tenu du fait que certains navires transitent à travers le détroit avec une
fréquence de plusieurs fois par année (le cas dans cette étude), cela augmente la possibilité
des introductions (Flagella et al., 2006).
La Physiologie des dinoflagellés leur permet de survivre pendant seulement 2 à 4 jours dans
l'obscurité, ensuite ils passent à un mode trophique alternatif (mixotrophie ou phagotrophie),
mort ou enkystement (Hallegraeff et Bolch, 1992). La phagotrophie est un phénomène
répandu chez les espèces du genre Alexandrium. En effet, des bactéries et des flagellés ont été
observés dans les vacuoles d’Alexandrium d’après Jeong et al., (2004).
Dans le même contexte, Jeong et al., (2010) ont révélé que le taxon Alexandrium est doté
d’une capacité à ingérer les bactéries et les cyanobactéries hétérotrophes, les cryptophytes,
certaines diatomées. Elle a une capacité très développée à sélectionner et capturer les proies et
dispose d’un mucus toxique permettant d’immobiliser les proies pendant 4h, ce qui lui
confère une augmentation de son taux de croissance (Blossom et al., 2012).
Cependant, l'abondance d'organismes rencontrés dans les eaux de ballast dépend non
seulement de la durée du voyage, mais aussi liée à la densité des régions sources, et
partiellement par mortalité des espèces en raison de la longueur du voyage (Klein, 2010;
MacIntosh et al., 2010). Les taxons du phytoplancton trouvés dans les eaux de ballast des
navires entrant dans le port de Bejaia étaient taxonomiquement assez diversifiés et sont
caractérisées par la présence des espèces cosmopolites déjà signalées dans les côtes
algériennes. Malgré ces limitations, ces taxons trouvés dans les eaux de ballast n'ont jamais
été observés dans la région de Bejaia, sans études plus poussées et approfondies il est très
difficile de conclure sur le statut de ces espèces. Cependant, ces taxons étaient identifiés d’un
navire méditerranéen, cela suggère qu'ils peuvent être présents dans la zone d'étude, mais
qu'ils n'ont pas été détectés par manque d’étude sur le phytoplancton à ce jour.
Selon les modèles de chargement, les différents réservoirs peuvent contenir l'eau provenant de
différents ports ou des mélanges de plus d'un port (Hallegraeff, 1998). L'origine de ces taxons
nocifs trouvés dans la présente étude est incertaine à cause des difficultés à identifier
précisément l'origine géographique de l'eau transportée par ces navires. Ceci est amplifié par
le fait que l'échange d'eau de ballast est souvent effectué dans différents ports (AguirreMacedo, 2008; Vidal-Martinez et al., 2008) le long de la route. En plus, l'introduction
d'espèces à partir d'un port donneur est un processus en plusieurs étapes ; les espèces doivent
passer par des phases distinctes qui agissent comme des barrières successives avant
d’atteindre avec succès le port de réception. Chaque phase que l'espèce doit passer pour
atteindre la prochaine étape est associée à une probabilité indépendante d'échec.
L'eau de mer chargée dans les réservoirs de ballast d'un navire donné au port de départ ne doit
pas être complètement déchargée au premier port d'escale, puisque des décharges partielles se
produisent dans des ports successifs lors du réglage du ballast pour équilibrer le poids du
navire pendant le chargement ou le déchargement de la cargaison (Dobler, 2002).
Précédent

Inventaire des espèces introduites par les eaux de ballast et les coques des navires dans le port de Bejaia et un essai de compréhension de l’origine des espèces classées introduites au niveau de l’île Plane (Oran): - 51/77

Suivant