L’érosion côtière
Partie I
Chapitre I :
9
I.2.2 Risque de l'érosion côtière à l’échelle nationale
À l’échelle de la côte Algérienne, Larid, (2002) a conduit une étude dont les résultats
démontrent que seulement 5 % des plages étaient en phase d’engraissement, 15 % étaient plus au
moins stables et 80 % connaissaient une érosion. Ainsi entre 1959 et 1993 et avec une fluctuation
selon les secteurs, la côte algérienne a connu un recul moyen annuel entre 0,3 m et 10,4 m, avec
une accélération depuis le début des années 80. Cette situation n’avait pas pour cause uniquement
les facteurs naturels, mais surtout anthropiques ayant un grand impact sur ces zones considérées
naturellement comme vulnérables. Selon le même auteur, ces facteurs sont caractérisés par les
différents aménagements et infrastructures lourdes implantés au niveau de la frange côtière,
menaçant ainsi l’équilibre environnemental et la dynamique naturelle.
Plus récemment, on constate un nombre très important d’études s’articulant autour du
phénomène de l’érosion côtière en Algérie. Ainsi, Goumrasa et al., (2021) ont conduit une étude
hydrodynamique pour analyser le risque d’érosion sur le littoral extrême est de l’Algérie à ElTaref. Les résultats obtenus montrent que la côte est très exposée à l'impact des vagues, induisant
ainsi une forte érosion. Kermani et al., (2016) ont effectué une étude de la cinématique du trait de
côte du littoral de Jijel sur une période de 54 ans (1960 -2014). Ils constatent ainsi, une tendance
érosive sur la quasi-totalité du littoral étudié avec un recul du trait de côte qui varie de 0.23m à
6m. Ayadi et al., (2015) ont effectué une analyse spatio-temporelle de la position du trait de côte
au niveau de la baie de Béjaia, en révélant une tendance érosive atteignant -7,89 m/an. Pour la
même zone d’étude, Djouder et al., (2017) ont étudié la vulnérabilité côtière face au risque
d’érosion, et ce, entre 1960 et 2013. Ils ont affirmé que la frange côtière étudiée présente un risque
élevé à très élevé sur 19 km de son linéaire.
La baie d’Alger, quant à elle, a été le sujet d’étude de plusieurs auteurs. Mihoubi et al., (2014)
affirment que près de 20 % de son linéaire côtier est caractérisé par une forte vulnérabilité, à
modéré sur 30 %, face au risque de l’érosion. Par ailleurs, Chaib et al., (2020) affirment que près
de 40% du linéaire côtier de la baie de Bous-Ismail est caractérisé par une forte vulnérabilité face
aux risques d'érosion et submersion marine.
Plus à l’ouest du pays, les résultats de l’étude de Bougherira et al., (2020) couvrant la période
entre 1959 et 2018, révèlent que la côte oranaise est en état d'érosion, atteignant un recul de l’ordre
Précédent

Apport des techniques de télédétection à l’étude de la vulnérabilité et risques côtiers: (cas de la côte ouest-algérienne) - 28/214

Suivant