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P. Sergoî
INTRODUCTIÇË
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L'alimentation dite "artificielle" des larves désigne l'utilisation
d'aliments fabriqués par l'Homme. Elle est opposée à l'alimentation dite
"naturelle" qui
à la prédation exercée par les larves sur des
proies vivantes, telle qu‘on l'observe dans le milieu naturel. De même que
le milieu est rendu plus ou moins artificiel par l'Homme, de même l'aliment
peut être considéré comme plus ou moins artificiel suivant les transforma—
tions que subissent les matières premières, animales ou végétales qui
entrent
dans
sa
formulation.
On peut aussi étendre la notion d'alimentation "artificielle" en
considérant non seulement la fabrication de l'aliment mais aussi les modi—
fications que l'emploi de cet aliment entraîne pour les larves et le milieu
d'élevage. Le fait de nourrir des larves avec des aliments artificiels à la
place des proies vivantes modifie plus ou moins toutes les relations entre
les
larves, l'aliment et le milieu.
Dans
le cas
d'un aliment constitué par du zooplancton lyophilisé, il
est
clair que le délitement et le lessivage des particules dans l'eau,
avant
leur ingestion par les larves, peuvent modifier la valeur nutrition—
nelle de
ces
particules autant sinon plus que la lyophilisation (GRABNER
et
al.,
1981). Les réactions des larves devant des particules inertes et
non
plus mobiles peuvent être modifiées. L'aliment non consommé et les
substances dissoutes favoriseront une prolifération bactérienne et une
dégradation du milieu. Dans certains cas la mortalité des lots nourris avec
des
aliments artificiels précède même celle des lots gardés à jeun
(DABROWSKI et al., 1978 ; BRYANT et MATTY, 1981). Il paraît donc important
de considérer l'aliment mais également ses conditions d'utilisation avant
de conclure sur sa valeur nutritionnelle.
Dans
la présente revue, limitée à l'élevage des larves de carpe commu—
ne,
l'état actuel des techniques d'alimentation artificielle, les problèmes
posés par ce type d'alimentation et les progrès prévisibles à court terme
seront
successivement envisagés. La formulation des aliments, les méthodes
générales de production et les particularités de la physiologie larvaire
ont
été examinées dans d'autres revues
(METAILLER et ALLIOT, 1978 ; VAN der
WIND,
1979
;
GILLET,
1980
;
DABROWSKI,
19848).
1 — …
La distribution de proies vivantes, zooplancton ou nauplii d'Artemia,
à des larves maintenues en conditions contrôlées, en laboratoire ou en
écloserie, permet en général d'obtenir une survie élevée (90 p. 100) et une
croissance satisfaisante des larves qui atteignent des poids de l'ordre de
50 mg et 400 mg après 2 et 4 semaines respectivement. Ce type d'élevage
pose des problèmes lorsque le zooplancton de taille et de qualité convenables n'est pas disponible en quantité suffisante ou bien est trop coûteux.
Une des principales motivations des expériences consacrées à l'alimentation
artificielle est de trouver un substitut aux proies vivantes (APPELBAUM,
1977).
Les
recherches se sont développées dans trois directions correspondant
à deslpratiques
d'élevage existant actuellement, au moins à titre expéri—
menta
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