Un œil qui présente des défauts doit être corrigé avec des lunettes. Pour traiter le problème complètement et correctement, il faudrait étudier la combinaison optique constituée de l’œil et du verre de lunettes en utilisant par exemple la formule de Gullstrand
établie au chapitre 8. Nous pouvons simplifier ce problème au maximum en faisant les
deux hypothèses suivantes, justifiées dans le cadre d’une approche pédagogique.
Premièrement l’œil peut être réduit à une lentille mince de vergence et deuxièmement, on pourra négliger la distance séparant le verre de lunettes de l’œil en considérant l’ensemble comme deux lentilles accolées. Finalement, la vergence du système
œil + lunettes sera simplement la somme des deux vergences individuelles (voir chapitre 7). Cette approximation prend en compte les indices des différents milieux. La
deuxième approximation est pleinement justifiée avec les porteurs de lentilles de contact
qui sont effectivement collées à la cornée.
6. LES DÉFAUTS DE L’ŒIL ET COMMENT LES CORRIGER
« Toute la conduite de notre vie dépend de nos sens, entre lesquels celui de la vue étant le plus noble.
Il n’y a point de doute que les inventions qui servent à augmenter sa puissance ne soient des plus
utiles » (René Descartes, La Dioptrique, 1633).
Statistiquement, 75 % de la population française a une vision imparfaite, dont la correction ne serait pas toujours optimisée. Comme c’est souvent le cas, la personne concernée
subit une aggravation progressive de son défaut visuel provoquant un défaut d’accommodation et induisant souvent une mise en veille insoupçonnable de l’un des deux yeux.
Nous allons étudier quelques défauts caractéristiques et expliquer comment ils sont simplement corrigés grâce au port de lunettes ou de lentilles en utilisant les deux hypothèses décrites ci-dessus.
6.1. Œil presbyte
Avec l’âge, le cristallin durcit, devient moins déformable, ce qui provoque une difficulté
d’accommodation et, vers l’âge de 40 ans, l’œil devient presbyte. Son amplitude dioptrique est alors bien inférieure à 5. Cette amplitude diminue fortement avec l’âge de l’individu pour passer de 15 à 8 ans, à 3 à 50 ans et à 1 à 60 ans (figure 9.8). Considérons un
individu fortement presbyte dont l’amplitude dioptrique est réduite à 1.
Sans lunettes, l’œil au repos a sa vergence = 60 δ quand il met au point sur un objet
situé à l’infini. Cependant le punctum proximum étant réalisé avec la puissance maximale égale à 61, à partir de la formule de conjugaison précédente, on déduit que l’objet
Optique
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L’œil « normal ». Pour les applications numériques, on utilise un modèle simplifié de
l’œil schématique qui possède les propriétés normalisées suivantes :
– vergence totale de l’œil au repos (punctum remotum) = 60 δ ;
– points principaux : S 1 H = 1,64 mm ; S 1 H = 1,81 mm ; H H = 0,17 mm ;
– distances focales : H F = −16,43 mm ; H F = 21,85 mm.
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