8 • Énergie
et changement climatique
307
8.3 Analyse du cycle de vie (ACV)
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
L’étude de l’ACV consiste à comparer cette filière biogaz avec une
filière conventionnelle : production de chaleur à partir d’une chaudière au gaz naturel et utilisation d’électricité du réseau. Dans la
mesure où le contenu carbone dépend du mix électrique du pays,
l’étude a comparé trois pays : l’Allemagne, l’Autriche et la France. Le
contenu carbone de l’électricité en France étant plus faible qu’en
Autriche, lui-même plus faible qu’en Allemagne, il n’est pas étonnant
que l’impact positif de cette filière sur le changement climatique soit
beaucoup plus favorable en Allemagne qu’en France. Le résultat
remarquable est que la cogénération au biogaz constitue un puits de
GES. En effet, d’une part les émissions de CO 2 dues à la combustion
sont compensées par le CO 2 absorbé par les plantes qui ont produit les
déchets verts, et d’autre part la collecte des déchets verts permet d’éviter
des émissions de méthane qui sont prises en compte dans cette évaluation. Ce point est essentiel : dans la lutte contre l’échauffement planétaire, la collecte des déchets verts représente une opportunité assez
unique de créer des puits de GES.
L’étude permet également de mettre en évidence les limites de cette
technologie. L’effet de puits de GES, qui existe lorsque le transport routier des déchets est effectué sur de faibles distances, disparaît si la collecte dépasse les 100 km. En conclusion, de telles unités doivent être
impérativement décentralisées et de moyenne puissance.
La deuxième étude (B. Tréméac et F. Meunier « Life cycle analysis of
4.5MW and 250W wind turbines, Renew. Sustain. Energy Rev. doi : 10.1016
j.rser. 2009.01.001) porte sur un sujet controversé puisqu’il s’agit de
l’ACV de deux éoliennes : l’une à axe horizontal de 4,5 MW destinée à
un parc éolien, et l’autre à axe vertical de 250 W destinée à l’habitat.
Comme dans le cas précédent, une analyse détaillée des flux de matière
et d’énergie pour la construction, le fonctionnement et le démantèlement des éoliennes est étudiée. Par ailleurs, un gisement éolien moyen
est considéré. Pour présenter les résultats, nous retiendrons les deux
index les plus significatifs de notre point de vue parmi les index
considérés : le temps de retour énergétique ainsi que le contenu en CO 2
du kWh électrique produit. Le temps de retour sur l’énergie primaire
est respectivement de 0,58 et 2,29 année(s) pour les éoliennes de
4,5 MW et 200 W. Dans cette étude, le rendement de production de
et changement climatique
307
8.3 Analyse du cycle de vie (ACV)
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
L’étude de l’ACV consiste à comparer cette filière biogaz avec une
filière conventionnelle : production de chaleur à partir d’une chaudière au gaz naturel et utilisation d’électricité du réseau. Dans la
mesure où le contenu carbone dépend du mix électrique du pays,
l’étude a comparé trois pays : l’Allemagne, l’Autriche et la France. Le
contenu carbone de l’électricité en France étant plus faible qu’en
Autriche, lui-même plus faible qu’en Allemagne, il n’est pas étonnant
que l’impact positif de cette filière sur le changement climatique soit
beaucoup plus favorable en Allemagne qu’en France. Le résultat
remarquable est que la cogénération au biogaz constitue un puits de
GES. En effet, d’une part les émissions de CO 2 dues à la combustion
sont compensées par le CO 2 absorbé par les plantes qui ont produit les
déchets verts, et d’autre part la collecte des déchets verts permet d’éviter
des émissions de méthane qui sont prises en compte dans cette évaluation. Ce point est essentiel : dans la lutte contre l’échauffement planétaire, la collecte des déchets verts représente une opportunité assez
unique de créer des puits de GES.
L’étude permet également de mettre en évidence les limites de cette
technologie. L’effet de puits de GES, qui existe lorsque le transport routier des déchets est effectué sur de faibles distances, disparaît si la collecte dépasse les 100 km. En conclusion, de telles unités doivent être
impérativement décentralisées et de moyenne puissance.
La deuxième étude (B. Tréméac et F. Meunier « Life cycle analysis of
4.5MW and 250W wind turbines, Renew. Sustain. Energy Rev. doi : 10.1016
j.rser. 2009.01.001) porte sur un sujet controversé puisqu’il s’agit de
l’ACV de deux éoliennes : l’une à axe horizontal de 4,5 MW destinée à
un parc éolien, et l’autre à axe vertical de 250 W destinée à l’habitat.
Comme dans le cas précédent, une analyse détaillée des flux de matière
et d’énergie pour la construction, le fonctionnement et le démantèlement des éoliennes est étudiée. Par ailleurs, un gisement éolien moyen
est considéré. Pour présenter les résultats, nous retiendrons les deux
index les plus significatifs de notre point de vue parmi les index
considérés : le temps de retour énergétique ainsi que le contenu en CO 2
du kWh électrique produit. Le temps de retour sur l’énergie primaire
est respectivement de 0,58 et 2,29 année(s) pour les éoliennes de
4,5 MW et 200 W. Dans cette étude, le rendement de production de
