8 • Énergie
et changement climatique
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8.3 Analyse du cycle de vie (ACV)
8.3.2 Études de cas par ACV
De nombreuses études d’ACV existent. Nous nous contenterons ici
d’en citer trois : deux études menées au Cnam, plus une étude comparative des émissions provenant de la production d’électricité suivant les
filières.
La première étude d’ACV (C. Chevalier et F. Meunier « Environmental assessment of biogas co- or tri-generation units by life cycle analysis
methodologie », Appl. Thermal Engng 25 (2005), 3025-3041) concerne
la production de biogaz à partir de la valorisation de déchets agricoles
(provenant de fumiers divers et/ou de déchets végétaux). Ce biogaz
alimente une unité de cogénération qui produit de l’électricité et de
la chaleur, cette chaleur pouvant elle-même être valorisée pour la
fourniture de froid à partir d’un système à sorption. L’étude s’est
appuyée sur des données réelles provenant d’un système existant en
Autriche.
Dans une telle étude, on se doit de comptabiliser tous les flux de matière
et d’énergie échangés par le système. La prise en compte des ressources
naturelles consommées pour la construction du système est essentielle,
de même que la composition des gaz d’échappement au niveau du digesteur et de la cogénération (notamment les teneurs en produits soufrés,
Nox, CO et COV, qui ont des conséquences importantes sur l’acidification et l’euthrophisation). Les flux d’énergie utilisés dans les différentes
étapes (construction, transport, fonctionnement) sont également soigneusement comptabilisés. Enfin, le bilan des émissions de GES tient
compte des émissions évitées de méthane. En effet, le méthane présente
un GWP de 23, alors que le CO 2 a un GWP égal à 1 seulement. C’est
dire que dans le mécanisme de pourrissement naturel des déchets végétaux sur le sol, un atome de carbone émis sous forme de méthane aura
un impact 23 fois plus néfaste que ce même atome de carbone émis sous
forme de CO 2 après combustion. A priori, cette filière apparaît donc
comme très favorable à l’environnement, car d’une part elle produit de
l’énergie par combustion du biogaz (qui est un mélange de méthane et
de CO 2 avec des traces d’autres gaz), et d’autre part elle réduit les émissions de GES. L’ACV va permettre de quantifier ces avantages et d’en
voir les limites.
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