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LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
Harald, le meilleur joueur des deux, remporta une médaille
d'argent auxJeux olympiques de 1908 en tant que membre
de l'équipe de football danoise qui battit la France avant de
perdre contre l'Angleterre en finale. Considéré par beaucoup
comme le plus doué intellectuellement des deux frères,
Harald entra à l'université un an après Niels, mais obtint son
doctorat en mathématiques un an avant que son frère
obtienne le sien en physique en 1911. Toutefois, leur père
avait toujours affirmé que Niels était «l'exception dans la
famille 10 ».
Portant la cravate blanche et l'habit à queue-de-pie blanc
exigés par la tradition, Bohr commença la soutenance
publique de sa thèse. Elle dura quatre-vingt-dix minutes - un
record de brièveté. L'un des deux examinateurs était l'ami de
son père, Christian Christiansen, le plus grand physicien
danois. Il regretta que personne au Danemark « ne fût suffisamment informé de la théorie des métaux pour pouvoir
juger d'une thèse sur ce sujet 11 ». Bohr obtint néanmoins son
doctorat et envoya des exemplaires de sa thèse à des hommes
comme Max Planck et Hendrik Lorentz - des physiciens dont
il pensait qu'ils apprécieraient ses travaux et en reconnaîtraient la valeur. Hélas, aucun des deux ne lui répondit, parce
que sa thèse était en danois. Bohr comprit qu'il aurait besoin
de la faire traduire s'il voulait qu'on s'y intéresse. Au lieu
d'une traduction en allemand ou en français, langues que de
nombreux physiciens parlaient couramment, Bohr opta pour
une version anglaise du texte et réussit à convaincre un ami
de se charger de la tâche.
Tandis que son père avait choisi Leipzig et son frère,
Gôttingen, les universités allemandes étant traditionnellement le lieu où les Danois ambitieux achevaient leurs études,
Bohr choisit l'université de Cambridge. La patrie intellectuelle de Newton et de Maxwell était pour lui « le centre de la
physique 12 ». Une fois traduite, sa thèse serait sa carte de
visite. Il espérait qu'elle serait la base d'un dialogue avec sir
Joseph John Thomson, l'homme qu'il décrirait plus tard
comme «le génie qui a montré la voie à tout le manden>>.
LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
Harald, le meilleur joueur des deux, remporta une médaille
d'argent auxJeux olympiques de 1908 en tant que membre
de l'équipe de football danoise qui battit la France avant de
perdre contre l'Angleterre en finale. Considéré par beaucoup
comme le plus doué intellectuellement des deux frères,
Harald entra à l'université un an après Niels, mais obtint son
doctorat en mathématiques un an avant que son frère
obtienne le sien en physique en 1911. Toutefois, leur père
avait toujours affirmé que Niels était «l'exception dans la
famille 10 ».
Portant la cravate blanche et l'habit à queue-de-pie blanc
exigés par la tradition, Bohr commença la soutenance
publique de sa thèse. Elle dura quatre-vingt-dix minutes - un
record de brièveté. L'un des deux examinateurs était l'ami de
son père, Christian Christiansen, le plus grand physicien
danois. Il regretta que personne au Danemark « ne fût suffisamment informé de la théorie des métaux pour pouvoir
juger d'une thèse sur ce sujet 11 ». Bohr obtint néanmoins son
doctorat et envoya des exemplaires de sa thèse à des hommes
comme Max Planck et Hendrik Lorentz - des physiciens dont
il pensait qu'ils apprécieraient ses travaux et en reconnaîtraient la valeur. Hélas, aucun des deux ne lui répondit, parce
que sa thèse était en danois. Bohr comprit qu'il aurait besoin
de la faire traduire s'il voulait qu'on s'y intéresse. Au lieu
d'une traduction en allemand ou en français, langues que de
nombreux physiciens parlaient couramment, Bohr opta pour
une version anglaise du texte et réussit à convaincre un ami
de se charger de la tâche.
Tandis que son père avait choisi Leipzig et son frère,
Gôttingen, les universités allemandes étant traditionnellement le lieu où les Danois ambitieux achevaient leurs études,
Bohr choisit l'université de Cambridge. La patrie intellectuelle de Newton et de Maxwell était pour lui « le centre de la
physique 12 ». Une fois traduite, sa thèse serait sa carte de
visite. Il espérait qu'elle serait la base d'un dialogue avec sir
Joseph John Thomson, l'homme qu'il décrirait plus tard
comme «le génie qui a montré la voie à tout le manden>>.
