LE FORÇAT DES BREVETS
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jusqu'à un fragment du Sphinx, et les plaça tour à tour en
suspension dans l'eau. Il constata dans chaque cas le même
mouvement en zigzag et comprit qu'il ne pouvait être suscité
par une force vitale. Brown publia ses travaux sous la forme
d'un pamphlet intitulé Relation succincte d'observations microsctr
piques faites aux mois de juin, juillet et août 1827 sur les particules
contenues dans le pollen des plantes et sur l'existence générale de molécules actives dans les corps organiques et inorganiques. D'autres
proposèrent des explications plausibles du « mouvement
brownien», mais toutes se révélèrent tôt ou tard insuffisantes.
À la fin du XIXe siècle, ceux qui croyaient à l'existence des
atomes et des molécules admettaient que le mouvement
brownien puisse résulter de collisions avec les molécules
d'eau.
Einstein reconnut que le mouvement brownien d'un grain
de pollen n'était pas causé par une collision unique avec une
molécule d'eau presque inimaginablement petite, mais résultait d'un grand nombre de telles collisions. À chaque instant,
l'effet collectif de ces collisions était l'agitation aléatoire en
zigzag du grain de pollen ou de la particule en suspension.
Einstein soupçonna que la clé de la compréhension de ce
mouvement imprévisible résidait dans des déviations, des fluctuations statistiques par rapport au comportement « normal »
qu'on attendait des molécules. Vu leur taille relative, de
nombreuses molécules d'eau devaient normalement heurter
un grain de pollen individuel simultanément sous des angles
différents. Même à cette échelle, chaque collision entraînerait
une poussée infinitésimale dans une seule direction, mais
l'effet global de toutes les collisions devait être l'immobilité
du pollen puisqu'elles s'annuleraient mutuellement. Einstein
se rendit compte que le mouvement brownien était produit
par des molécules d'eau qui déviaient régulièrement par
rapport à leur comportement «normal» lorsque certaines
d'entre elles s'agglutinaient et, frappant le grain de pollen
ensemble, l'expédiaient dans une direction particulière.
Sur la base de cette intuition, Einstein réussit à calculer la
distance horizontale moyenne qu'une particule parcourrait
en un temps donné dans sa course en zigzag. Il prédit que,
dans une eau à 17 °C, des particules en suspension d'un
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jusqu'à un fragment du Sphinx, et les plaça tour à tour en
suspension dans l'eau. Il constata dans chaque cas le même
mouvement en zigzag et comprit qu'il ne pouvait être suscité
par une force vitale. Brown publia ses travaux sous la forme
d'un pamphlet intitulé Relation succincte d'observations microsctr
piques faites aux mois de juin, juillet et août 1827 sur les particules
contenues dans le pollen des plantes et sur l'existence générale de molécules actives dans les corps organiques et inorganiques. D'autres
proposèrent des explications plausibles du « mouvement
brownien», mais toutes se révélèrent tôt ou tard insuffisantes.
À la fin du XIXe siècle, ceux qui croyaient à l'existence des
atomes et des molécules admettaient que le mouvement
brownien puisse résulter de collisions avec les molécules
d'eau.
Einstein reconnut que le mouvement brownien d'un grain
de pollen n'était pas causé par une collision unique avec une
molécule d'eau presque inimaginablement petite, mais résultait d'un grand nombre de telles collisions. À chaque instant,
l'effet collectif de ces collisions était l'agitation aléatoire en
zigzag du grain de pollen ou de la particule en suspension.
Einstein soupçonna que la clé de la compréhension de ce
mouvement imprévisible résidait dans des déviations, des fluctuations statistiques par rapport au comportement « normal »
qu'on attendait des molécules. Vu leur taille relative, de
nombreuses molécules d'eau devaient normalement heurter
un grain de pollen individuel simultanément sous des angles
différents. Même à cette échelle, chaque collision entraînerait
une poussée infinitésimale dans une seule direction, mais
l'effet global de toutes les collisions devait être l'immobilité
du pollen puisqu'elles s'annuleraient mutuellement. Einstein
se rendit compte que le mouvement brownien était produit
par des molécules d'eau qui déviaient régulièrement par
rapport à leur comportement «normal» lorsque certaines
d'entre elles s'agglutinaient et, frappant le grain de pollen
ensemble, l'expédiaient dans une direction particulière.
Sur la base de cette intuition, Einstein réussit à calculer la
distance horizontale moyenne qu'une particule parcourrait
en un temps donné dans sa course en zigzag. Il prédit que,
dans une eau à 17 °C, des particules en suspension d'un
